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Loun Sovath reçoit le Martin Ennals Awards à Genève

Loun Sovath, ce moine très médiatique qui se bat aux cotés des familles expulsées de leur terres par les puissants, a reçu hier à Genève le Martin Ennals Awards, l’équivalent du prix Nobel pour les droits de l’homme.

Ce prix, décerné par un jury composé d’une dizaine de grandes ONG engagées dans la défense des droits de l’homme, (Amnesty International, Human Rights Watch, Fédération internationale des droits l’homme…), est attribué chaque année à des personnalités qui ont pris de gros risques pour défendre les droits de l’homme dans leur pays.
Par son rayonnement international, la remise de ce prix, très largement diffusé sur les télévisions et sur internet, confère aux lauréats une meilleure protection, en particulier dans leur propre pays où ils sont menacés.

Depuis 2008, de Siem Reap à Phnom Penh, le vénérable Loun Sovath n’hésite pas à prendre part aux manifestations des expulsés de leurs terres. Bête noire du gouvernement mais aussi de la hiérarchie bouddhiste du Cambodge qui lui a interdit l’entrée de toutes les pagodes du pays et menace de le défroquer, Loun Sovath avait été littéralement enlevé par des moines et des policiers en mai lors d’une manifestation pour la libération des 13 résidentes de Bueng Kak, emprisonnées et condamnées  à l’issue d’un procès bâclé. Il avait filmé et mise en ligne la scène sur You Tube grâce à des lunettes sur lesquelles étaient fixées des caméras (lire ici notre article)

Reclus dans la pagode Vat Botum à Phnom Penh transformé en bunker durant 48 heures- fait impensable dans un pays bouddhiste- il avait été interrogé des heures durant sur ces prises de position. Sa hierarchie rappelle régulièrement que son engagement est incompatible avec sa fonction de moine, ceux-ci devant s’abstenir de faire de la politique.

Mais Loun Sovath considère au contraire que sa place est aux cotés des opprimés et réclame justice et dignité pour tous ceux qui ont été injustement expropriés.

 

Krystel Maurice