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Expulsions de Boeng Kak: libérées en appel, les 13 militantes restent condamnées

Emprisonnées depuis le 24 mai pour avoir manifesté contre les évictions forcées de Boeng Kak  à Phnom Penh, les 13 militantes de ce quartier ont  été libérées le 27 juin à l’issue de leur procès en appel.
Mais les trois juges d’appel n’ont pas levé les charges qui pesaient contre elles, considérant qu’elles restaient coupables des faits reprochés, à savoir occupation illégale de terrain d’état et entrave aux représentants de la force publique dans des circonstances aggravantes.

Deux jours après avoir manifesté, elles avaient été condamnées au terme d’un procès bâclé sans même avoir pu bénéficier de l’assistance d’un avocat, à des peines de deux ans à deux ans et demi de prison ferme.

La forte mobilisation des associations de défense des droits de l’homme a sans doute contribué à leur libération. Si, en soi ces associations s’en réjouissent, elles associations réclament aujourd’hui  l’annulation pure et simple des condamnations et des charges maintenues contre ces femmes.

Deux autres habitants de ce quartier, eux aussi emprisonnées, avaient été libérés dans les jours précédents. Ils restent eux aussi  coupable des faits qui leur ont été reprochés.

Depuis 2008, plus de 3000 familles résidant sur le bord du lac de Boeng Kak ont déjà été expulsées au profit d’un projet de développement piloté par la société Sukhaku Inc. appartenant  à un sénateur proche du pouvoir, Lao Meng Khin
En 2007, cette société  s’est vue attribuer par le gouvernement  une concession de 99 ans sur le secteur du lac pour y réaliser des logements, des boutiques de luxe, des centres commerciaux Au total, 20 000 résidents devraient être expropriées. Cette vidéo réalisée par la licadho, une association cambodgienne des droits de l’homme,  permet de mieux comprendre l’histoire de ces familles et la lutte sans répit qu’elles mènent pour tenter d’être relogées.

 

Krystel Maurice