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Expulsions forcées de Boeng Kak: lourdes peines de prison et simulacre de procès pour 13 activistes

De deux ans et demi à deux ans de prison ferme, c’est la condamnation à laquelle 13 femmes qui protestaient le 22 mai contre les évictions forcées du quartier de Boeng Kak à Phnom Penh viennent d’être condamnées au terme d’un procès bâclé en trois heures et sans même un avocat pour les défendre.

Depuis 2008, plus de 3000 familles résidant sur le bord du lac ont déjà été expulsées au profit d’un pharaonique projet de développement piloté par la société Sukhaku Inc. appartenant  à un sénateur proche du pouvoir, Lao Meng Khin
En 2007, cette société  s’est vue attribuer par le gouvernement  une concession de 99 ans sur le secteur du lac pour y réaliser des logements, des boutiques de luxe, des centres commerciaux Au total, 20 000 résidents devraient être expropriées.

Mardi, ces 13 femmes ont tenté de reconstruire leur maison à l’endroit même où elles se trouvaient avant que les bulldozers de la compagnie ne viennent les démolir en 2010.
Elles ont été arrêtées, détenues deux jours sans qu’aucune charge précise ne soit retenues contre elles, jugées jeudi en un temps record, sans avocat, et emprisonnées dès vendredi dans la prison de Prey Sar. L’une d’elle, âgée de 72 ans, a été condamnée à un an ferme.
Ci-dessous une vidéo de la Licadho, une ONG cambodgienne de défense des droits de l’homme, montrant la violence des forces de sécurité au moment de leur arrestation.

 

 

Deux autres habitants de Boeng Kak dont un homme ont à leur tour été arrêtés jeudi alors qu’ils se trouvaient devant le tribunal et emprisonnés.

Les associations de défenses des droits de l’homme ont vivement critiqué ce simulacre de procès. Mu Sochea, député du parti d’opposition a demandé à la Communauté internationale de suspendre ses aides au  Cambodge.

Dimanche 27 mai, des habitants de Boeng Kak ont organisé une manifestation devant la prison pour réclamer la libération des 15 personnes emprisonnées qui devraient interjeter appel.
A leur coté, le moine Loun Sovath qui deux jours seulement après avoir été arrêté par des moines et des policiers, avait déjà repris sa place aux cotés de ceux qui réclament justice.

 

Krystel Maurice