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Les ONG appellent le gouvernement à mettre un terme aux expropriations forcées

Plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont, le 24 janvier, appelé le Cambodge, qui vient de prendre la présidence tournante de l’Association des nations d’Asie du Sud-est (Asean),  à mettre un terme aux expropriations de masse.
«En tant que président (de l’Asean) pour 2012, le Cambodge devrait respecter ses obligations légales de promouvoir et de respecter les droits de l’Homme et les libertés fondamentales (…) et mettre un terme aux pratiques d’expulsions forcées qui entache la réputation internationale du pays», ont-elles écrit dans une lettre ouverte au premier ministre Hun Sen.

Dans l’attente d’une «enquête plus approfondie», les cinq organisations signataires ont également appelé à la libération, de sept personnes arrêtées  et détenues, à la suite de l’expulsion par une société immobilière de quelque 300 familles du quartier  de Borei Keila à Phnom Penh. Le 3 janvier, des heurts violents avaient opposés les habitants qui protestaient contre la destruction de leurs maisons à la police.

A l’origine de ce conflit,  la société Phan Imex dont le projet était d’aménager 2,6 hectares dans ce quartier. Un accord avait été signé en 2004 entre la société et les 1776 familles qui vivaient là. Phan Imex s’était engagé à construire dix  bâtiments pour reloger les familles, mais à ce jour, huit bâtiments seulement ont été édifiés.

Les cinq organisations de défense des droits de l’homme se sont également dits «très inquiètes» du sort de 22 femmes et de 6 enfants envoyés dans un centre de réhabilitation généralement destiné aux toxicomanes et aux travailleurs du sexe, après avoir participé à une autre manifestation contre ces expulsions à Borei Keila.
Quatre d’entre eux avaient été relâchés après un accord avec la Phan Imex, et les autres s’étaient échappés du centre la semaine dernière en escaladant le mur d’enceinte.

«Dans le Cambodge d’aujourd’hui, il est clair que l’un des endroits les plus dangereux pour un citoyen cambodgien ordinaire est de vivre sur un morceau de terrain que veulent un homme riche et ses proches au gouvernement», a dénoncé à l’AFP Phil Robertson, de Human Rights Watch.

Le Cambodge est régulièrement critiqué pour les expulsions forcées qui ont déplacé des milliers de personnes à travers le pays ces dernières années.
Entre 1975 et 1979, la propriété avait été abolie par le régime des Khmers rouges, et de nombreux titres ont été perdus à cette période puis pendant les années de guerre civile qui ont suivi, une situation qui complique encore davantage la situation.

(Avec AFP)