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Phnom Penh: nouvelles expulsions au bulldozer

Une vingtaine de maison situées de l’autre coté du pont Chroy Changvar, appelé aussi pont Japonais, près de la N 6 ont été détruites au bulldozer jeudi 15 octobre.
Une équipe de démolisseurs a vidé les logements et chargé les meubles sur des remorques. Les familles, dont certaines habitent ici depuis une trentaine d’années, n’ont pas eu le temps de récupérer quoique ce soit. Deux bulldozers étaient déjà entrés en action et détruisaient les maisons. « Les autorités sont pire que des braqueurs armés. Nous leur avons demandé de nous laisser trois jours pour récupérer nos affaires, ils ont refusé et ont tout détruit ».

Le 7 octobre, les autorités du district de Russey Keo ont publié un communiqué demandant aux familles de nettoyer les bas cotés qui seront utilisés prochainement pour la construction rond point. Mais selon les familles, le communiqué ne faisait pas état d’expulsions.
Koub Sleh, gouverneur adjoint du district Russey Keo a expliqué aux journalistes qui assistaient à la scène que les autorités locales avaient annoncé en avril la réalisation imminente de ce rond point nécessaire au désengorgement de la circulation aux abords du pont. Selon lui les demandes de compensation des habitants sont trop élevées. « Nous leur avons offert des terrains de 32 m2 dans le district de Manchey mais seuls dix familles ont accepté. Maintenant nous devons exercer notre autorité ». « On me propose 32 m2 quand la superficie de mon terrain est trois fois supérieure à cela », explique un homme.

« Expulser au nom du développement est une idée qui a de nombreux adeptes au gouvernement. Mais nous devons condamner ce principe qui constitue une violation des droits de l’homme », explique un responsable de l’Association pour les droits de l’Homme et du développement au Cambodge (ADHOC),

Un membre de la communauté, dont la maison a été épargnée, a participé lui-même à la destruction de celles de ses voisins. Il a expliqué qu’il était payé 5 USD par jours par les autorités pour effectuer ce travail. «J’en suis désolé mais j’ai besoin d’argent pour faire vivre ma famille. Les autorités sont trop lâches pour effectuer elles- même ce travail ».

 

Krystel Maurice