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Mortalité maternelle: aucun progrès en neuf ans

En 2009, cinq femmes décèdent chaque jour en mettant leur enfant au monde. ©Krystel Maurice

Au cours des neuf dernières années, le Cambodge n’est pas parvenu à faire reculer le taux de mortalité maternelle. En 2009, cinq femmes décèdent chaque jour en mettant leurs enfants au monde, soit 472 femmes pour 100 000 naissances, un chiffre qui n’a varié depuis l’an 2000. Ce triste constat a été dressé le 19 mars par les participants à un séminaire organisé à Phnom Penh par le Programme des Nations Unies pour le Développement.

Le Cambodge enregistre ainsi l’un des pires taux de mortalité maternelle d’Asie du sud Est, seuls le Laos et l’Est Timor ayant des taux plus élevés. Manques d’hôpitaux et de personnels qualifiés, sous équipements des structures, pauvreté des patients qui n’ont pas les moyens de régler des soins trop coûteux sont à l’origine de ces nombreux décès. A cela s’ajoute l’éloignement puisque 80% de la population habite dans les campagnes. Par la force des choses, les Cambodgiennes accouchent donc souvent à domicile et font confiance à la médecine traditionnelle. Ainsi, selon l’Unicef, entre 2000 et 2006, 22% des femmes seulement ont accouché dans des hôpitaux.

 

30 000 décès d'enfants par an dont près d'un tiers avant l'âge d'un mois. ©Krystel Maurice

30 000 décès d’enfants par an dont près d’un tiers avant l’âge d’un mois.
©Krystel Maurice

 

En septembre 2000, 189 Etats membres de l’ONU, dont le Cambodge, ont signé les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) visant à éradiquer la pauvreté à l’horizon 2015. Huit Objectifs ont ainsi été définis : réduire l’extrême pauvreté et la faim, assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies, préserver l’environnement et enfin mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Si le pays enregistre des progrès dans la lutte contre le sida, -2% de la population était atteinte en 1998 contre 0,9% en 2007-la mortalité infantile reste très importante puisque plus de 30 000 enfants meurent chaque année, dont 10 000 avant d’atteindre l’âge d’un mois. La plupart décèdent de problèmes pulmonaires ou digestifs. La malnutrition de la mère peut aussi expliquer un bon nombre de décès.
La violence contre les femmes reste également très importante puisqu’une femme sur dix dit être victime de violences domestiques.
Le pays aura donc bien du mal a atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, ce qu’à d’ailleurs reconnu le représentant du ministère du Plan, lors de ce séminaire.

 

Krystel Maurice