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100 à 150 000 cambodgiens boivent de l’eau contaminée par l’arsenic, révèle une nouvelle étude gouvernementale

Les habitants des provinces de Kandal, Prey Veng et Kompong Cham sont les plus exposés à l'arsenic qui contamine les puits. ©Krystel Maurice

Au Cambodge, 100 000 à 150 000 personnes vivant le long du Mékong boivent de l’eau contaminée par l’arsenic, selon une étude qui vient d’être rendue publique par le gouvernement. Contenu naturellement dans le sol, l’arsenic est un semi-métal sans odeur et sans goût qui appartient à la famille de l’azote et se trouve à l’état naturel dans les roches et le sol. Extrêmement toxique, il se répand dans les nappes phréatiques et contamine l’eau des puits. Consommée sur de longues périodes, cette eau contaminée est à l’origine de diverses formes de cancers, de la rate, du pancréas, des reins, et peut entrainer des maladies de peau ou la gangrène.

Ces dernières statistiques, établies par le Département de l’eau du ministère cambodgien du Développement rural, sont très en dessous des chiffres publiés l’an dernier. Elles n’en demeurent pas moins  préoccupantes.
En avril 2009, Resource Development International (RDIC), une ONG américaine basée au Cambodge et le Dartmouth College, une université privée du New Hampshire, estimait que plus 2 millions de Cambodgiens étaient  potentiellement concernés dont 100 000 dans la seule province de Kandal.

Le ministère du Développement rural a finalisé cette nouvelle étude le mois dernier lors d’une cession de travail à laquelle participaient notamment des représentants de l’Unicef et l’Organisation mondiale de la santé.
L’étude montre que les habitants des provinces de Kandal, Prey Veng et Kampong Cham sont les plus exposés, tandis que dans les provinces de Kampong Chhnang, Kratie and Kampong Thom, les risques sont moindres.

Andrew Shantz, le directeur du laboratoire de Resource Development International qui ne conteste pas cette étude, explique que la récente constitution d’une base de données nationale prenant en compte les concentrations d’arsenic de 40 000 puits dans tout le pays permet aujourd’hui d’établir des statistiques beaucoup plus précises.

Krystel Maurice