En continu

Débat autour de l’origine de la maladie qui a tué une soixantaine d’enfants

Un virus responsable de la maladie mains-pieds-bouche serait  à l’origine du décès d’une soixantaine d’enfants depuis avril, a annoncé l’OMS et le ministère de la santé dans un communiqué lundi 9 juillet. Bien connue en Asie, cette maladie, généralement bénigne, touche les très jeunes enfants. Provoqué par l’entérovirus 71, elle se caractérise par de petites  lésions dans la bouche, sur les pieds et les mains.

La majorité des prélèvements effectués par l’institut Pasteur indique la présence de  l’’entérovirus 71 (EV-71), précise l’OMS. Le décès des enfants cambodgiens, survenus quelques heures seulement après leur admission dans les hôpitaux de la fondation Kantha Bopha, serait donc du à une forme sévère de la maladie mains-pieds-bouche.

Dr. Nima Asgari, spécialiste de santé publique pour l’OMS se veut rassurant et estime que les résultats de ces recherches «dédramatise énormément la situation».

De nouveaux tests seront effectués dans les jours à venir pour savoir si d’autres facteurs sont responsables de ces décès.

« Les enfants, qui souffraient d’une encéphalite, ont développé dans les dernières heures de leur vie une destruction totale des alvéoles des poumons », écrit sur son site le Dr Beat Richner, fondateur des hôpitaux de Kantha Bopha, dans lesquelles la majorité des enfants ont été hospitalisés. « Maintenant, nous devons voir ce qui cause réellement ces complications mortelles aux poumons et voir si un facteur toxique joue également un rôle ».
Il souligne que tous les enfants décédés avaient, dans un premier temps, été admis dans des cliniques privés. Selon lui, l’hypothèse d’une intoxication avec des médicaments contrefaits n’est pas exclue.

Le pédiatre dénonce par ailleurs l’attitude de l’OMS dans cette crise. « L’OMS a dit au monde entier : une nouvelle maladie mortelle mystérieuse au Cambodge!  Ce n’était ni professionnel, ni nécessaire, et cela a créé une panique inutile ».

Les désaccords entre le Dr Richner et l’OMS sont une fois encore d’actualité. Ce n’est pas une première, loin s’en faut.
Au travers de ses ouvrage, le pédiatre suisse a régulièrement pointé du doigt l’institution onusienne allant même jusqu’à l’accuser de commettre un nouveau « génocide » à l’égard des enfants cambodgiens (voir notamment ici). On se souvient aussi de la polémique qui a éclaté en 2010 lors de l’épidémie de choléra qui a frappé le pays.

Aujourd’hui encore, la comptabilisation du nombre de décès ayant frappé les petits cambodgiens depuis avril diverge de celle de l’OMS et du ministère cambodgien de la santé. Selon le Dr Richner, 66 enfants ont été frappés par cette mystérieuse maladie et 64 sont décédés. Hier, l’OMS et le ministère dénombraient 59 cas à travers le Cambodge dont 52 mortels.

 

Krystel Maurice