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Moitié moins de bacheliers cambodgiens cette année

L’annonce hier soir des résultats du baccalauréat sera sans doute un choc pour les lycéens cambodgiens qui ont repassé les épreuves les 13 et 14 octobre. Seuls 17,94% d’entre eux ont réussi l’examen à l’issue de la cession de rattrapage, a annoncé tard dans la soirée Hang Chuon Naron, le ministre de l’éducation.

L’examen avait eu lieu au mois d’août mais à peine plus de 25% des 90 000 candidats avaient décroché leur diplôme.
Un résultat catastrophique dû en grande partie à l’instauration de contrôles très stricts pour lutter contre la triche et la corruption généralisée qui prévalait jusqu’ici.
Face à cette humiliation collective, le Premier ministre Hun Sen était personnellement monté au créneau pour annoncer une session spéciale de rattrapage en octobre. Une « bienveillance » déjà largement éprouvée par le passé puisque qu’entre 1995 et 1999 les lycéens s’étaient également vus accorder une seconde chance.
Avec un taux de réussite de 4% en 1994, d’année en année, le nombre d’élèves parvenant à décrocher leur baccalauréat n’aura cessé de croître, tout autant d’ailleurs que les fuites, tricheries et corruption de tout ordre. L’an dernier, 87% des candidats avaient ainsi obtenu le sésame qui leur permettait d’accéder à l’université, pour autant qu’ils en aient les moyens financiers.

Mais cette année, nombreux ont été ceux qui ont renoncé à se présenter à cette session de rattrapage. Au total 60 596 élèves seulement ont repassé les épreuves en octobre, sous la surveillance de quelque 20 000 observateurs et policiers de l’Unité anti-corruption déployés dans les 117 centres d’examens du pays.
Au final, la cuvée 2014 sera marquée d’une pierre noire: à peine plus de 43% empochent le diplôme. Le réveil est sévère pour les élèves et leurs familles. Mais ce piètre résultat devrait aussi être une très sérieuse sonnette d’alarme pour le gouvernement d’Hun Sen. Au-delà de la rhétorique et des inaugurations symboliques, le système éducatif doit enfin devenir une priorité et se traduire dans les actes par des efforts budgétaires considérables. C’est en grande partie de cet engagement politique et des investissements qui en découlent que dépendra l’avenir du Cambodge.

 

Krystel Maurice