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Publication de la première grande enquête sur les violences contre les jeunes cambodgiens

Photo Krystel Maurice

Pour la première fois, le gouvernement cambodgien a publié hier les résultats d’une enquête sur les violences commises contre les enfants et les jeunes dans le pays.

Réalisée en coordination avec l’Unicef et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, principale agence gouvernementale américaine pour la protection de la santé publique, cette enquête a été menée l’an dernier auprès de 2 376 enfants et jeunes de 13 à 24 ans dans tout le pays. Ils étaient interrogés tout à la fois sur les violences physiques, psychologiques et sexuelles qu’ils auraient pu subir.

Les résultats de cette enquête monte que plus de la moitié des jeunes interrogés avaient subi au moins l’une des formes de ces violences avant l’âge de 18 ans.
Près d’un quart ont dit avoir été victime d’abus psychologiques tandis que 5% ont déclaré avoir été abusé sexuellement.

Les témoignages confirment qu’au Cambodge, les violences physiques sont généralement commises par des proches ou par des personnes de confiance: parents (en particulier les mères) et professeurs (majoritairement masculin). Les auteurs des violences sexuelles sont au aussi des proches, voisins, amis, amoureux ou membres de la famille.

 

Un plan d’actions communes

 

Les répercussions de ces traumatismes sur la santé de ces victimes sont immédiatement perceptibles et prennent différentes formes, souligne cette étude : détresse, maladies sexuellement transmissibles, automutilation, pensées suicidaires.

«L’élimination de toutes les formes de violences contre les enfants doit être un indicateur majeur du développement social national », a déclaré hier Marta Santos Pais, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence faite aux enfants lors de la présentation officielle de cette enquête. Ces violences ont aussi un cout social qui s’évalue en milliards de dollars, ralentissent le développement économique et sapent les valeurs sociales et humaines, a telle ajouté.

Au terme de cette enquête, treize ministères et agences gouvernementales ont adopté une plateforme qui constituera la base d’un projet d’ensemble pour prévenir et répondre à ces violences. Le gouvernement cambodgien s’est également engagé à développer des stratégies et des services allant dans ce sens dès 2015.

 

Krystel Maurice