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Deux ours malais découverts dans une usine textile

Étrange histoire que celle qui s’est déroulée la semaine dernière àTakmao, à une quinzaine de kilomètres de Phnom Penh. En décembre, l’usine de textile singapourienne Yung Wah située à Takmao a brutalement fermé ses portes, laissant 7000 employés sur le carreau.

La semaine dernière tandis que près d’un millier d’entre eux manifestaient devant l’entrée de l’usine pour protester contre la fuite des dirigeants partis sans régler aucun des salaires dus, une équipe de l’association de protection de la nature, Wildlife Alliance, tentait, elle, d’accéder  à l’arrière d’un des bâtiments de l’usine. Mais que venait-elle y faire ?
Recueillir deux ours malais enfermés ici depuis des années. Quand, après trois heures de discussion avec les ouvriers qui leur refusaient l’accès, l’équipe parvint enfin jusqu’à la cage des animaux, ils découvrir, sidérés, un mâle et une femelle obèses.

L’ours malais, une espèce protégée qui se fait de plus en rare,  est le plus  petit des ours. Son poids moyen est de 90 kilos. Il vit dans les arbres et se nourrit de petits mammifères, de fruits, d’insectes. Il adore le miel et le cœur des cocotiers d’où son autre nom, l’ours des cocotiers.

Mais le mâle qui croupissait dans cette cage pesait, lui, 144 kilos, presque le double du poids normal .Son corps, tout comme celui de la femelle, était recouvert d’une épaisse graisse. Ils ont été nourri uniquement avec du riz et du lait, a expliqué l’un des membres de Wildlife Alliance.
Partis sans laisser d’adresse, les dirigeants de l’usine les avaient abandonnés là, sans soin et sans nourriture.

Après leur avoir administré des tranquillisants, les deux ours ont été transportés au centre de secours de l’association à  Tamao. Mais seront-ils capable de se réadapter à la vie sauvage ? Si c’est le cas, ils seront alors relâchés dans le foret des Cardamomes.

Les employés de l’usine, eux, attendent toujours d’être payés.

 

Krystel Maurice