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Incendie de Siem Reap: pourquoi les pompiers n’ont-ils rien fait?

 

Pourquoi les pompiers ont-ils mis plus d’une heure pour arriver sur les lieux de l’incendie qui a détruit un marché de nuit dans la nuit de vendredi à samedi ? Pourquoi policiers et pompiers sont-ils restés bras croisés, sans quasiment intervenir alors que le feu ravageait l’immeuble ?

Neuf personnes y ont trouvé la mort, les membres de deux familles parmi lesquels quatre enfants âgés de 9 à 14 ans et le gardien de nuit, retrouvé dans les décombres dans la matinée. Une centaine de stands ont été détruits.

A voir la longue vidéo mise en ligne sur You Tube, on reste sidéré face à l’incompétence et à la désorganisation des pompiers. Si c’est bien de cela qu’il s’agit. Pour le moins, cette vidéo contredit la version des autorités selon laquelle les pompiers ont intensément et courageusement combattu l’incendie.

Selon l’auteur de cette vidéo, le feu se serait déclaré à 1h30 du matin mais  les pompiers ne sont arrivés qu’à 2h30. Et l’incendie n’a été  maitrisé qu’à 4h.

Sur cette vidéo, un premier véhicule à incendie s’avance lentement, alors que touristes et locaux, impuissants, assistent à la scène. A trois reprises, il arrose vaguement les flammes qui ravagent le bâtiment. Il n’a plus d’eau, se gare sur le côté et reste là, sans plus bouger.

Plusieurs autres véhicules incendies stationnent à proximité mais aucun d’eux n’intervient. L’incendie repart de plus belle et face à l’inaction des autorités, des passants tentent de démolir le grillage qui entoure le marché. Enfin un autre véhicule incendie s’approche de plus près. Pour repartir immédiatement sans rien tenter.

A Siem Reap, on s’interroge longuement sur ce qui s’est passé. Plusieurs témoins ont dénoncé l’arrivée très tardive des pompiers et leur passivité. Quelques uns affirment qu’ils réclamaient de l’argent pour mettre les pompes en marche, d’autres que les camions étaient dépourvus d’eau.

Ce qui est certain, c’est que les marchés de nuit se sont multipliés à une vitesse ahurissante ces deux ou trois dernières années. Les enjeux financiers y sont considérables et font l’objet d’une véritable guerre entre propriétaires, parmi lesquels de haut gradés de l’armée. Les embrouilles sont permanentes, le racket  explose, et les vendeurs sont à le merci des puissants. La stupéfiante paralysie des pompiers et de la police révélée par cette vidéo relève t-elle uniquement de la désorganisation ?

Quelqu’en soient les raisons, neuf personnes viennent d’en payer le prix fort.

 

Krystel Maurice