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Des poissons pour prendre soin de vos pieds ?

Fish pédicure à Siem Reap

La méthode est très tendance au Cambodge et partout en Asie. On l’appelle la fish pédicure, un terme plutôt délicat à traduire en français, où de plus en plus de salons proposent pourtant ces soins. Et comme toujours lorsque une mode est lancée en France, on conserve le terme anglais. Et puis, il n’y a pas à tortiller la fish pédicure, ça sonne beaucoup mieux que pédicure aux poissons!

Le concept  est simple. Il suffit de tremper les pieds dans un aquarium peuplé de petits poissons qui viendront vous débarrasser de vos peaux mortes. Ca chatouille un temps, mais ça ne mord pas car ces poissons- le plus souvent des Gara Rufu- sont dépourvus de dents. Quelques instants plus tard vos pieds seront aussi doux que ceux d’un bébé.

Mais aux État-Unis, cette mode introduite en 2008, a vite trouvé ces détracteurs. De nombreux États l’ont interdit considérant qu’elle était de nature à favoriser la transmission des germes, notamment les mycoses.

Pour sa part, l’agence de protection de la santé de Grande-Bretagne a, en octobre dernier, écarté tous risques d’infection. Seules les personnes souffrant d’une déficience du système immunitaire, de diabète ou de psoriasis devront s’abstenir, recommande l’agence britannique.
Mais, insiste -telle, les Spas doivent respecter à la lettre les standards d’hygiène : système de filtrage de l’eau et examen préalables des pieds des clients dont la peau doit être saine, dépourvue de coupures et d’éraflures. L’application préalable d’un désinfectant est très fortement recommandée.

En France, les fish spas ne sont pour l’heure soumis à aucune réglementation. La Direction générale de la santé a saisi un groupe d’experts afin d’évaluer les risques. Dans l’attente de leurs conclusions, le ministère de la Santé déconseille leur fréquentation. Les établissements sont également priés de veiller à ce que l’eau soit changée entre chaque client et les bassins individualisés.

Ici, en Asie, on est loin de ces précautions d’usage. Le plus souvent installés en bord de route devant les instituts de massage, les aquariums sont généralement dépourvus de système de filtrage et en fin de journée,  les clients se succèdent les uns après les autres, tout simplement heureux de se rafraichir les pieds.
Le soir venu, le personnel se contente de recouvrir le bassin d’un couvercle de tôle et le matin, le plus tranquillement du monde, il s’amuse à retirer à la main les dizaines de poissons qui n’ont pas survécu.

– Mam, fish massage ? Cheap, cheap !
Tout bien réfléchis, j’ai à faire à l’autre bout de la ville.

 

Krystel Maurice