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Cambodge: attaques à l’acide, enfin une loi

L’Assemblée nationale cambodgienne a adopté vendredi 4 novembre une loi très attendue pour combattre les attaques à l’acide, désormais passibles de peines allant de deux ans de prison à la perpétuité. Le texte, qui devrait être approuvé par le sénat et le roi d’ici la fin de l’année, doit également encadrer la vente du liquide corrosif, aujourd’hui disponible très facilement et à bas prix.

Bien qu’on ne dispose pas de statistiques précises, les attaques à l’acide au Cambodge sont fréquentes, y compris contre des hommes, et les associations appelaient depuis longtemps à un durcissement de la loi.

Les « homicides intentionnels » commis avec de l’acide seront désormais passibles de 15 à 30 ans de prison tandis que les la « torture et actes de cruauté » avec usage de l’acide encourront une peine de 10 à 20 ans de prison.

« Les violences intentionnelles »avec recours à l’acide, une notion dont on ignore pour l’instant ce qu’elle recouvre précisément,  seront elles, passibles d’une peine de deux à cinq ans de prison.

«C’est un pas important», estime Ziad Samman, un responsable de l’Association des survivants cambodgiens de l’acide (CASC), tout en regrettant que la peine minimale de deux ans ne «reflète pas la nature barbare de ce crime».
L’association regrette aussi que seuls les auteurs d’attaques soient visés par cette loi, les commanditaires et complices n’étant pas explicitement mentionnés dans le texte.

Depuis le début de l’année, cette association a recensé 16 personnes ayant blessées au cours d’une attaque à l’acide.