En continu

Pédophilie: les Cambodgiens sont les premiers clients des enfants, reconnait un collectif d’ONG

Nationalité des clients achetant la virginité. Tableau extrait de l’étude «The Ties that bind ; Migration and trafficking of women and girls for sexual exploitation in Cambodia » réalisée en 2007 par l’Office International des Migrations.

La grande majorité des clients qui ont des relations sexuelles avec des mineures sont des Cambodgiens, selon une étude présentée mardi 5 octobre par End Child Prostitution, Abuse and trafficking in Cambodia, un réseau de 27 associations locales et internationales qui luttent contre l’exploitation sexuelle des enfants au Cambodge.

Les conclusions de cette étude montrent que « les pédophiles sont avant tout des Cambodgiens, contrairement à l’idée répandue selon laquelle ces pratiques sont surtout le fait d’occidentaux ».

Chin Chanveasna, qui dirige ce collectif d’ONG, s’est dit « très surpris » par les conclusions de cette étude. Il a reconnu que les associations et les différents partenaires engagés dans ce combat avaient négligé cette réalité pour se focaliser sur les étrangers.

Selon cette étude, sur 43 enfants qui, par le passé, s’étaient livrés à la prostitution à Phnom Penh, tous à l’exception d’un d’entre eux, ont répondu que leurs clients réguliers étaient des Cambodgiens. Au travers du questionnaire qui leur avait été soumis, 13 d’entre ont déclaré avoir monnayé leur virginité dont 9 avec des clients Cambodgiens.

Le questionnaire avait aussi été soumis à 47 Cambodgiens, des hommes fréquentant régulièrement les beers-gardens et les clubs de billards. Une grande proportion d’entre eux a dit préférer avoir des relations sexuelles avec des prostituées « jeunes, à la peau claire, généralement mineures ». Ils se sont dits prêts à consacrer une somme d’argent importante pour avoir des relations avec une jeune fille vierge. « Les riches et les gens influents dépensent des milliers de dollars pour cela », a souligné Chin Chanveasna.

End Child Prostitution, Abuse and trafficking in Cambodia dit avoir réalisé cette étude à la demande d’un chercheur de Havard, lequel en a rédigé les conclusions. Quoiqu’en dise l’ONG, ces faits sont pourtant connus.

En 2007 déjà, une étude beaucoup plus affinée portant sur le commerce des vierges avait été réalisée par l’Office International des Migrations dans trois provinces du Cambodge, Sihanoukville, Siem Reap et Koh Kong (à télécharger ici).
Sur les 200 prostituées qui avaient participé à l’étude, 38% reconnaissaient être devenue des prostituées après avoir, volontairement ou non, vendu leur virginité. Et 46% des clients qui avaient acheté leur virginité étaient des Cambodgiens.

 

Krystel Maurice