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L’usine textile SL refuse de réintégrer les 19 syndicalistes licenciés

La direction de l’usine textile SL Garment Processing ( Cambodge)  a refusé hier d’obtempérer aux ordres du gouvernement qui avait exigé la réintégration des 19 syndicalistes licenciés, a annoncé Sat Sakmoth,  secrétaire d’état du ministère du travail au terme d’une rencontre de quatre heures avec ses représentants.
L’affaire va donc être maintenant portée devant la justice, a t-il précisé.

Le gouvernement avait ordonné le 15 novembre la réintégration sous 15 jours de ces syndicalistes licenciés en août. Cet ordre, de nature à décrisper la situation entre les quelque 6000 employés et la direction, était intervenu trois jours après la manifestation violemment réprimée par les forces de l’ordre qui a fait 1 mort et huit blessés par balles, parmi lesquels un étudiant paralysé à vie.

La direction singapourienne de l’usine avait accusé ces syndicalistes, tous membres de la Coalition syndicale démocratique des travailleurs de la confection du Cambodge (C.CAWDU) d’être responsables des pertes financières de l’entreprise.

Kong Athit, le président de ce syndicat dit n’être pas surpris du refus de la direction et déclare qu’il continuera à faire pression sur le gouvernement et les acheteurs pour qu’une solution soit trouvée. « En tout état de cause, nous continuerons la grève si ces syndicalistes ne sont pas réintégrés. Et si la direction de l’entreprise décide de fermer l’usine elle devra dédommager les employés, comme l’exige la réglementation. »

Il demeure que la stratégie de l’entreprise, fournisseur, entre autre, de Gap et H&M,  est de moins en moins lisible. Sa persistance à refuser toute négociation la fragilise de jour en jour et ses principaux clients pourraient bien finir par jeter l’éponge. Pour autant que la décision de fermer l’usine n’ait pas déjà été prise…

Krystel Maurice