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Textile: la police nie toute responsabilité dans la mort d’une vendeuse tuée par balle

 

Au lendemain de la manifestation des employés de l’usine textile SL au cours de laquelle Eng Sokhom, une vendeuse âgée de 49 ans qui se trouvait à proximité, a été tuée par une balle reçue en pleine poitrine, la police nie toute implication dans l’affaire. « La police n’a pas tué cette femme qui se trouvait hors du secteur où l’opération était menée. Si des balles ont bien été utilisées, celle qui a tué cette femme provenait d’ailleurs », a déclaré Kirth Chantharith, hier le porte-parole de la police nationale.

Neuf autres personnes ont été blessées par balles. Dans un premier temps la police avait déclaré ne pas jamais avoir effectué de tirs à balles réelles. Une argumentation difficilement soutenable face aux  vidéos et photos prises par la presse et les défenseurs des droits de l’homme.

Pour Phay Siphan, le porte-parole du conseil des ministres, cette femme se trouvait simplement «  au mauvais endroit, au mauvais moment ». Certains manifestants étaient munis de frondes, de bâtons et jetaient des pierres contre les forces de l’ordre, a-t-il souligné. « Dès qu’ils s’en prennent aux autorités, donc au pouvoir d’État, celui-ci a le droit de se protéger ». Interrogé sur le point de savoir si ces propos signifiaient que le gouvernement approuvait les tirs à balles réelles contre les manifestants, il a rétorqué «  Cela dépend de la situation ».

A l’heure actuelle, aucune enquête officielle n’a été annoncée.
Parmi les 38 personnes arrêtées, 7 moines et un seul employé de l’usine textile. Ils ont tous été relâchés, à l’exception de deux adolescents âgés de 15 et 19 ans qui ont été déférés devant la Cour de Phnom Penh pour être inculpés.

 

Krystel Maurice