En continu

Textile: les grandes marques font front uni contre le syndicat des patrons

Treize des plus grandes marques de prêt-à-porter dans le monde  viennent d’adresser une sérieuse mise en garde au président de l’association cambodgienne des patrons du textile ( GMAC)  lui demandant de revenir sur ses récentes prises de position à l’égard des inspecteurs du Bureau international du travail.

Dans un courrier à ses adhérents le 30 septembre et dans des publicités dans la presse, Ken Loo, le secrétaire général du GMAC écrivait : «Le personnel de BFC ( Better Factory Cambodia, programme du BIT) qui voudra accéder aux usines pour  faire des visites de contrôle devra être accompagné par un membre du gouvernement et/ou être en possession d’une lettre du gouvernement l’autorisant à pénétrer dans l’usine». Dans le cas contraire, « les adhérents du GMAC sont libres de décider par eux-mêmes » s’ils veulent ou non permettre l’accès aux contrôleurs du BFC.

Une semaine plus tôt,  le Bureau international du travail ( BIT) avait annoncé qu’à partir de janvier 2014, le programme BFC rendra public les noms des usines qui contreviendront aux lois du travail en vigueur au Cambodge et les informations relatives à ces manquements.

Le 15 octobre, dans un lettre commune adressée à Van Sou Ieng, président du GMAC, ces grandes marques -parmi lesquelles Levi’s, Puma, Gap, H &M, Nike – se disent « profondément troublées » par cette prise de position. «  Les marques ci- dessus signataires demandent respectueusement au GMAC de retirer cette directive et de ne plus saper le travail du BFC ». Elles « encouragent le GMAC à avoir une vision plus large et à plus long terme des conséquences de cette directive sur le commerce et de ses implications négatives sur les échanges commerciaux  avec le Cambodge». C’est la première fois que les acheteurs, faisant front uni, s’impliquent dans ce conflit entre les contrôleurs du Bureau International du travail et les dirigeants des usines implantées au Cambodge.

Ken Loo, le secrétaire général du GMAC  a répondu hier aux acheteurs en maintenant « fermement » ses propos. Dans la lettre qu’il leur a adressée, il explique que la présence des représentants du gouvernement aux cotés des inspecteurs du BIT, loin de mettre en cause leur indépendance « améliorera en fait leur efficacité » et légitimera leurs actions.

Krystel Maurice