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Textile: l’ex-gouverneur de Bavet en fuite écope de 18 mois de prison pour avoir tiré sur les manifestants

Chhuk Bundith, l’ex-gouverneur de Bavet, accusé d’avoir tiré sur des ouvriers lors d’une manifestation l’an dernier, a finalement été condamné mardi à 18 mois de prison, après avoir été blanchi par la justice.
Trois ouvrières d’un fournisseur du groupe Puma avaient été blessées en février 2012 lorsqu’un homme avait ouvert le feu sur des milliers d’employés du textile de la province de Svay Rieng qui réclamaient de meilleures conditions de travail. Le gouverneur de la ville de Bavet, Chhuk Bundith, avait été limogé puis inculpé pour blessures involontaires, avant d’être blanchi, provoquant la colère des victimes et des défenseurs des droits de l’Homme dénonçant la culture de l’impunité dans le pays.

Les autorités cambodgiennes avaient finalement rouvert une procédure contre lui. Il a été reconnu coupable mardi de blessures involontaires et devra verser un total de plus de 7.000 euros aux trois victimes. Bundith, qui n’a jamais été arrêté, n’était présent ni au procès ni à la lecture du jugement du tribunal qui a émis un mandat d’arrêt contre lui. Les victimes ont salué la décision de la cour et appelé à son incarcération rapide.

Ou Virak, président du Centre cambodgien pour les droits de l’Homme, a estimé cette condamnation « trop clémente » soulignant que l’ancien gouverneur aurait dû être jugé pour tentatives de meurtre. « Justice n’a toujours pas été faite pour les victimes », a-t-il insisté.

Le secteur textile, crucial pour l’économie cambodgienne, emploie quelque 650.000 ouvriers, dont 400.000 pour des sociétés exportatrices. Les revendications syndicales se sont durcies ces dernières années, face aux autorités accusées de faire un usage excessif de la force.
Les syndicats se plaignent d’évanouissements collectifs, attribués à la sous-alimentation et au surmenage.

La semaine dernière, à Kompong Speu quelque 300 ouvriers de l’entreprise Sabrina, fournisseur de Nike, en grève ont été licenciés à la suite de heurts opposant grévistes et policiers. Une cinquantaine d’employés ont été blessés depuis le début de la grève le 21 mai dont deux femmes enceintes qui auraient perdu leur enfant. Huit responsables syndicaux ont été arrêtés et sont toujours emprisonnés, inculpés d’incitation à la violence et de destruction de matériel.

Nike qui se dit « profondément inquiet des brutalités infligées aux employés » réclame une enquête indépendante  pour déterminer les causes de ces incidents. Le groupe exhorte aussi le gouvernement à apporter son aide aux blessés.

(avec AFP)