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Deux morts et onze blessés dans l’effondrement du plafond d’une usine de chaussures

Deux employés ont été tuées et onze autres blessées ce matin vers 7h30 après l’effondrement d’une dalle de béton survenu dans une usine de chaussures située à Maha  Russei dans la province de Kompong Speu. A l’heure actuelle, la police et des employés de l’usine fouillent les décombres pour tenter de dégager d’éventuelles victimes prises au piège.
« Nous ne pouvons dire combien de personnes sont coincées sous les décombres» , a déclaré le chef de la police du district,  expliquant que le plafond avait rompu au-dessus d’une allée circulant entre les machines. « Tous les jours, plus de 100 ouvriers travaillent là, mais je ne sais pas combien travaillaient ce matin, a déclaré Sokny, une ouvrière de 29 ans. Je suis si choquée. J’ai vu du sang sortir des décombres. »

L’usine Wing Star Shoes Co. Ltd, un vaste complexe de plusieurs bâtiments, emploie quelque 2000 personnes. Son propriétaire est un ressortissant de Taiwan. Selon plusieurs sources, l’entreprise serait le fournisseur de la marque de chaussures japonaise Asics.

La dalle du second étage du bâtiment sur laquelle étaient stockées des milliers de boites de paires de chaussures se serait effondrée peu de temps après que les employés aient pénétré dans l’usine.
C’est le premier accident de ce genre au Cambodge. L’accident survient trois semaines après l’effondrement d’une usine de textile à Dacca au Bangladesh où 1 127 personnes sont mortes le 24 avril. Un drame qui a souligné les conditions épouvantables dans lesquelles travaillent au quotidien les ouvriers du textile et de la confection dans certains pays asiatiques.

Au Cambodge, quelque 650 000 ouvriers travaillent dans le textile dont 400 000 pour des sociétés exportatrices américaines et européennes parmi lesquelles H&M, Puma, Gap, Levi’s….
Après le Bangladesh, le Cambodge est le pays le moins chers au monde pour produire des vêtements. Le salaire minimum est de 75 dollars, largement insuffisant pour vivre décemment, estiment les syndicats. La malnutrition, les cadences infernales et les mauvaises conditions de travail dans des ateliers surchauffés ont provoqué ces derniers années des milliers d évanouissements collectifs dont nous avons souvent parlé.

 

Krystel Maurice