En continu

Textile: une cinquantaine d’ouvrières hospitalisées à Phnom Penh

Ces dernières semaines, des centaines d’ouvrières du textile ont été hospitalisées à la suite de malaises. Hier encore, une cinquantaine d’ouvrières de l’entreprise de textile Heart Enterprise (Cambodia) Co Ltd installée dans la banlieue de Phnom Penh, ont été hospitalisées après avoir été prises de malaises.
Selon Yi Kithana, l’adjoint du directeur général chargé des problèmes de santé  au ministère du travail, l’incident d’hier serait dû à une mauvaise circulation de l’air dans les locaux et à la fatigue engendrée par de trop nombreuses heures de travail supplémentaires.Certaines de ces usines fournissent les grandes marques internationales, dont Puma et H&M.

A Kompong Chhnang, l’usine M&V, l’un des fournisseurs de la marque H&M, quelque 80 d’employées ont été hospitalisées le 24 août après s’être évanouies. Et le lendemain, dans la même usine, 198 femmes ont  à nouveau dû être hospitalisées. H&M a fait savoir qu’un expert indépendant avait  été chargé d’enquêter sur place à partir de la semaine prochaine.

En juillet mais aussi en avril, plusieurs centaines d’ouvrières travaillant à l’usine Huey Chuen, fournisseur de la marque Puma, ont également été prises de malaises et hospitalisées.

Des carnets de commandes en forte hausse

L’Organisation internationale du travail a lancé un programme intitulé De meilleures usines au Cambodge (Better Factories en anglais), visant à améliorer les conditions de travail dans les usines du secteur textile. Le conseiller technique de ce programme soulignait hier que dans les usines où des enquêtes avaient été menées, une surcharge de travail et une alimentation très insuffisante étaient constatées. Mais, ajoutait-il, d’une usine à l’autre, les situations peuvent être différentes, et nous cherchons maintenant  à identifier tous les facteurs provoquant ces problèmes.
« Les carnets de commandes des usines de textile cambodgiennes ont augmenté de 30 à 35% au cours des cinq premiers mois de l’année », a-t-il expliqué. D’où une implosion du nombre d’heures de travail.

Les ouvrières n’ont pas le choix. Le salaire minimum est de 61 dollars mensuel  alors que des études ont montré que leurs besoins se situaient entre 90 et 120 dollars mensuels. Coût des logements, de la nourriture, des soins, de l’eau, de l’électricité, aide à leur famille, elles rognent sur tout pour joindre les deux bouts et s’échinent encore un peu plus dans des atmosphères surchauffées et bruyantes pour gagner 10 ou 20 dollars de plus. Sans parler de ces produits toxiques que tous les dirigeants disent avoir bannis de leur usine mais dont l’odeur a été ressentie par de nombreuses employées prises de malaises.

Krystel Maurice