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Grèves du textile: un nouveau comité pour tenter de résoudre le conflit

Pour la première fois depuis le début des grèves, employeurs et syndicats du textile se sont retrouvés lundi autour d’une table de négociations au ministère des affaires sociales.
A l’issue de cette première réunion qui a duré quatre heures, Ith Sam Heng, le ministre cambodgien des affaires sociales a fait part de la volonté du gouvernement de trouver des solutions satisfaisantes pour tous et qui permettront de sortir de la crise. Le ministère a ainsi exhorté les employeurs à réintégrer le personnel mis à pied depuis le début des grèves et  a pressé les syndicats de suspendre les grèves durant les négociations.

Les syndicats indépendants avaient appelé à une grève nationale du 13 au 18 septembre pour protester contre la maigre revalorisation du salaire minimum pour les ouvriers de l’industrie du vêtement et de la chaussure. Celui-ci passera le 1er octobre de 50 à 61 dollars par mois (47,5 euros) jusqu’en 2014. Plusieurs syndicats exigeaient 93 dollars. Massivement suivie, la grève a été suspendue par les syndicats le quatrième jour, le ministère des affaires sociales ayant proposé de jouer les bons offices.

Mais pas question de remettre en cause l’accord du 8 juillet sur le salaire minimum, avait prévenu le ministère qui proposait de négocier à la marge, sur les primes ou d’autres avantages pour les salariés. L’offre était à prendre ou à laisser.
Les deux syndicats qui avaient appelé à la grève ne se faisaient d’ailleurs guère d’illusion quant à la possibilité de remettre en cause l’accord intervenu. D’autant qu’une fois de plus, les syndicats avançaient en ordre dispersé. Certains avaient accepté ce salaire minimum, d’autres, très nombreux, préférant tenter d’obtenir différents avantages à l’intérieur même de leur usine.
Attaqué sur tous les fronts, les employeurs avaient refusé d’entamer le dialogue et le Gmac avait rejeté toutes les demandes de négociations bilatérales.

Lundi, le ministre des affaires sociales a annoncé la création d’un nouveau comité chargé de mener les négociations. Il sera composé de cinq représentants d’employeurs et de cinq syndicalistes auxquels s’ajouteront deux représentants du gouvernement, l’un pour le ministère des affaires sociales et l’autre pour le ministère du travail. Les décisions de ce comité seront ensuite renvoyées devant le Comité consultatif du travail pour approbation.
Syndicats et employeurs devront désigner leurs représentants d’ici mercredi. A l’exception de cette date, aucun calendrier n’a encore été établi.

A l’issue de la rencontre, Ath Thun, qui préside la Confédération cambodgienne du travail -l’un des deux syndicats ayant appelé à la grève- s’est dit prêt à suspendre la grève à la condition que les employeurs réintègrent tous les ouvriers et syndicalistes mis à pied et qu’ils abandonnent les poursuites intentées contre eux.

De son coté, Ken Loo le secrétaire général du Gmac, qui regroupe les employeurs a réfuté les affirmations des syndicats selon lesquels quelque 3000 employés auraient déjà été purement et simplement licenciés. « Des délégués syndicaux ont été mise à pied parce les tribunaux ont jugé que la grève était illégale », a t-il répété. Selon lui, les syndicats n’auraient en effet  déposé le préavis de grève que deux jours avant le début du mouvement, et non 7 jours avant, comme le requiert le code du travail. Ce que les syndicats contestent.

 

Krystel Maurice