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Textile: la grève pourrait être déclarée illégale tandis que le mouvement s’amplifie

La grève du secteur textile qui a débuté lundi se poursuivra t-elle  jusqu’au 18 septembre, comme l’avaient prévu les organisateurs? Rien n’est moins sûr aujourd’hui. Le Gmac, l’association qui regroupe les patrons, annonce en effet  un durcissement de la part des autorités jeudi.

« Nous avons demandé aux autorités qu’elles interviennent pour assurer l’ordre public et permettre aux ouvriers qui veulent retourner au travail de le faire. La police n’est pas intervenue jusqu’à maintenant mais tout devrait changer demain », a déclaré Ken Loo, le secrétaire général du Gmac mercredi.
Outre l’intervention de la police, la justice a également été saisie par des adhérents du Gmac :« Plus d’une dizaine d’usines ont introduit des actions en justice hier pour obtenir la reprise du travail sous 48 heures si la grève est jugée illégale », a-t-il ajouté.

Coté syndicats, l’optimisme est au beau fixe. « Depuis lundi, de plus en plus de grévistes se joignent au mouvement » affirme Kong Athit, secrétaire général de la Confédération du travail.
Selon lui, sur les 350 000 salariés du secteur, 201 770 auraient été en grève mercredi, contre 68 000 lundi. 41 920 grévistes occuperaient les usines et 159 850 prendrait part au mouvement en manifestant dans les rues.
Des chiffres largement contestés par le Gmac qui affirme qu’hier, moins de 10 000 employés faisaient grève, bien que 30 000 personnes ne se soient pas présentés à leur travail. « Les manifestants les empêchent de venir travailler », précise t –il.

Six personnes ont été blessées hier par des véhicules qui sortaient des usines et qui, selon les syndicalistes, ont foncé sur les manifestants. Les syndicats ont annoncé leur intention de porter plainte.
Ath Thun, le président de la Coalition of Cambodian Apparel of Worked Democratic Union, l’un des syndicats ayant appelé à la grève, affirme avoir reçu plusieurs menaces téléphoniques. Il se rendra la semaine prochaine au ministère de l’intérieur pour être entendu sur ce sujet. Il sera accompagné de deux autres syndicalistes, eux aussi victimes de menaces semblables.

Les syndicats ont appelé à la grève pour protester contre l’accord fixant le revenu minimum à 61 dollars (47,5 euros) par mois. Ils réclament au moins 93 dollars par mois.

 

Krystel Maurice