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Deux hauts dirigeants khmers rouges condamnés à la prison à perpétuité

 

Les deux plus hauts dirigeants khmers rouges encore en vie ont été condamnés aujourd’hui à la prison à vie. Nuon Chea, l’idéologue du Kampuchéa démocratique et Khieu Samphan, chef de l’Etat entre 1976 et 1979, ont été reconnus coupables de crimes contre l’humanité, d’extermination, de persécution politique et d’autres actes inhumains par le tribunal de Phnom Penh parrainé par l’ONU.

Ce premier procès visant les responsables khmers rouges avait pour objectif de faire la lumière sur l’évacuation des villes, qui avait provoqué le déplacement forcé de 2 millions de personnes dans les campagnes, « dans des circonstances terrifiantes et violentes », a estimé le tribunal. Le verdict est tombé trois ans après le début du procès. Les avocats de Nuon Chea et Khieu Samphan ont immédiat annoncé leur intention de faire appel estimant que le verdict était « injuste » et la peine « trop lourde ».

A l’ouverture du procès, en juin 2011, quatre anciens cadres khmers rouges étaient dans le box des accusés. Mais depuis, la ministre des affaires sociales du régime, Ieng Thirith, qui souffre de démence, a été considérée inapte à être jugée, puis libérée en 2012. Son mari, Ieng Sary, ancien ministre des affaires étrangères, est décédé l’an dernier à l’âge de 87 ans.

Un deuxième procès qui pourrait durer jusqu’en 2016 a débuté il y a quelques jours. Nuon Chea et Khieu Samphan y sont jugés pour une autre accusation de génocide qui concerne les Vietnamiens et la minorité musulmane des Chams, les mariages forcés et les viols commis dans ce cadre, ainsi que les crimes commis dans plusieurs camps de travail et prisons, dont S-21 à Phnom Penh.

 

Krystel Maurice