En continu

L’ambiguïté du gouvernement face aux demandes des parties civiles

Célébrée le 20 mai, la journée de la colère devrait être baptisée journée du souvenir.

Le gouvernement devrait accéder à deux des demandes de réparations des victimes du régime khmer rouge, parties civiles dans le procès actuellement en cours. C’est ce qu’à annoncé le secrétariat du Conseil des ministres dans un courrier daté du 11 juin en réponse aux demandes des avocats des parties civiles, Me Elisabeth Simonneau-Fort et Me Pich An, son confrère cambodgien.

Le 20 mai, une journée déjà fériée, actuellement baptisée « Journée nationale de la Colère », deviendra « Journée du Souvenir ».

Célébrée depuis 1984 par le pouvoir en place depuis trente ans, la «Journée de la Colère» est organisée par les membres du Parti Populaire Cambodgien  (PPC) . Elle donne lieu à des célébrations au cours desquelles étudiants et écoliers simulent des scènes de tortures et d’exécution devant un parterre choisi de bonze et d’officiels. Rebaptisée «Journée du Souvenir » la nature politique de cette journée demeurera donc inchangée.

Par ailleurs des documents relatifs à la période khmère rouge seront intégrés aux cursus scolaires des collèges, des lycées et de l’enseignement supérieur.

Aucun édifice, ni lieu de mémoire

Mais, et ce sera sans doute une énorme déception pour les parties civiles, ce courrier ne fait aucune allusion à leurs autres demandes. Elles réclamaient l’aide du gouvernement pour « protéger les sites de crimes, construire des stupas ou des lieux de prières, installer des bibliothèques ou de petits centres de documentation, un musée ou des expositions ».

La question des réparations reste un  sujet sensible pour les parties civiles, d’autant qu’au procès de Duch, l’ancien directeur du centre d’extermination S-21, toutes leurs demandes avaient été rejetées par les juges, générant amertume et déception.

La réponse du gouvernement, la première du genre, reste cependant très ambigüe. Les uns y voient une première victoire, tandis que d’autres soulignent la tiédeur du pouvoir face à la reconnaissance des droits à réparation des victimes du régime de Pol Pot et, plus encore, sa volonté de confisquer l’Histoire au profit de la seule histoire officielle, celle du parti en place.

 

Krystel Maurice