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Procès des Khmers rouges: les difficultés s’accumulent

Ieng Sary, l’ex-ministre des Affaires étrangères des Khmers rouges, aujourd’hui âgé de 86 ans a été hospitalisé jeudi pour des difficultés respiratoires, ont indiqué des responsables de la Cour. Il est le plus âgé des trois plus hauts cadres du régime de Pol Pot (1975-79)  jugés depuis quelques mois pour leurs responsabilité dans la mort de quelque deux millions de personnes.

C’est la première fois qu’un des trois accusés doit être emmené à l’hôpital depuis le début du procès. Un quatrième dirigeant khmer rouge, Ieng Thirith, l’épouse de Ieng Sary, est également inculpée. Atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle n’est pas pour l’heure en mesure de comparaitre devant le Tribunal. Les experts devront cependant se prononcer à nouveau sur son état de santé dans les semaines à venir.

Les familles de victimes et les observateurs redoutent que ces dirigeants, tous octogénaires, ne vivent assez longtemps pour entendre le verdict.

Difficultés financières

Souvent accusé de lenteur, le tribunal est également confronté à des difficultés financières importantes. Un problème récurrent depuis la mise en place du tribunal en 2006 mais cette fois-ci « la situation est très grave »,  indiquait Lars Olsen le porte-parole du tribunal en début de semaine.
Sur un budget de 44 millions de dollars pour l’exercice 2012-2013, 28 millions de dollars de donations n’ont toujours pas été versées. Seuls l’Australie et le Japon ont effectivement réglé leur contribution mais l’Allemagne, la Communauté Européenne, le Royaume Unis et le Cambodge sont en retard. Si rien n’est fait d’ici la fin du mois de juin, les salaires du personnel international ne pourront plus être réglés, a précisé Lars Olsen.

Rappelons que ce tribunal hybride est géré et financé par l’ONU et par le gouvernement cambodgien, chacune des parties ayant son propre budget.

D’octobre 2011 à mars 2012, c’étaient les finances cambodgiennes qui étaient épuisées. Le Japon avait alors effectué une donation de 6 millions de dollars pour permettre de payer les salaires des quelque 300 employés cambodgiens qui n’avaient pas été versés d’octobre à mars 2012. En 2009 déjà, suite à des allégations de corruption, le Japon avait renfloué le budget cambodgien à hauteur d’un peu de 4,3 milliards de dollars.

Au total, 149, 9 millions de dollars ont été dépensés depuis 2006, date de la mise en place du Tribunal jusqu’au début de 2012. Les dépenses effectuées par la partie internationale ont représentées 115 millions de dollars tandis que celles  de la partie cambodgienne se sont montées à  34 millions de dollars pour la partie cambodgienne.

Démission du juge japonais

Pour clore le tout, le juge japonais Motoo Noguchi qui siégeait à la Cour suprême depuis 2006 a présenté jeudi sa démission. C’est le troisième juge international à quitter ses fonctions au cours des sept derniers mois. Les deux juges précédents avaient démissionné en raison des pressions politiques exercées sur le tribunal par le gouvernement cambodgien.

 

Krystel Maurice