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Le juge Laurent Kasper-Ansermet ordonne la réouverture du dossier n°3

Il avait récemment fait part de sa détermination à poursuivre les investigations dans le dossiers très controversés baptisés cas n°3 et cas n°4 en dépit de l’opposition du Cambodge. Hier, le juge suisse Laurent Kasper-Ansermet a ordonné la réouverture du dossier N°3. «Il est dans l’intérêt public que les investigations judiciaires reprennent sans plus tarder pour mener une enquête complète,  justifiée par la gravité des accusations», a déclaré le juge dans un communiqué .

Laurent Kasper-Ansermet remplace l’Allemand Siegfried Blunk, qui, en avril dernier, avait ordonné la clôture de deux dossiers, baptisés cas n°3 et cas n°4, impliquant au total cinq anciens dirigeants Khmers rouges suspectés d’avoir commandité des crimes de masse. Pour autant,  aucun des suspects n’avait été entendu par le juge allemand et aucune investigation sur le terrain n’avait été menée. Des organismes de défense des droits de l’homme s’en étaient indigné et avait réclamé sa démission.

Le juge Blunk avait fini par jeter l’éponge en octobre, mettant en cause les pressions du gouvernement cambodgien qui s’oppose régulièrement à toute nouvelle arrestation de responsables Khmers rouges.

Dans son communiqué le juge Laurent Kasper-Ansermet souligne qu’il a « l’obligation juridique d’instruire » les  dossiers n°3 et 4. Il souligne qu’il « exerce ses fonctions en toute légitimité indépendamment du rejet de sa nomination en tant que co-juge d’instruction permanent par le Conseil supérieur de la magistrature ».

Le 19 janvier, le Conseil supérieur de la magistrature avait officiellement notifié son refus de procéder à la nomination du juge suisse.

L’ONU lui avait apporté son soutien rappelant que, selon les accords signés en 2003 avec le gouvernement, la nomination du juge international relevait exclusivement de la décision de M Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Organisation et non du Conseil Supérieure de la magistrature.
« Le juge Kasper –Ansermet  a toute autorité pour effectuer son travail au Cambodge et nous lui enjoignons de le faire » déclarait ainsi à Phnom Penh David Scheffer, l’expert de l’ONU auprès du tribunal Khmer rouges lors d’une conférence de presse organisée le 25 janvier.

Requête en révocation

Dans le communiqué publié hier, le juge suisse précise également qu’il a déposé une requête visant à la révocation du président de la Chambre préliminaire, M.Prak Kimsan, évoquant «  de graves préoccupations quant au  manque d’impartialité » du président à l’égard des dossiers 3 et 4.

Un communiqué pour le moins explosif  qui ne devrait manquer de provoquer des réactions du côté du pouvoir cambodgien.

 

Krystel Maurice