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Deux nouvelles inculpations d’anciens dirigeants khmers rouges

Meas Muth, à gauche et Im Chem.

En dépit de l’opposition répétée du gouvernement à de nouvelles inculpations, le co-juge d’instruction Mark Harmon a mis en examen le 3 mars Meas Muth, 77 ans, et Im Chaem, 72 ans, deux anciens dirigeants khmers rouges dans le cadre des dossiers dits 3 et 4. Ils sont été inculpés de crimes contre l’humanité.
Meas Muth, alors commandant de la marine, a également été inculpé de « meurtre, extermination, asservissement, emprisonnement, persécution politique et ethnique et autres traitements inhumains » au centre de sécurité de Wat Enta Nhien, à Kampong Som, à Kratie, au centre de sécurité S-21 et à l’encontre des Vietnamiens, des Thaïlandais et d’autres étrangers, en mer et sur les îles sur lesquelles le Kampuchéa démocratique revendiquait la souveraineté.

Im Chaem, qui est soupçonnée d’avoir coordonné des purges dans le nord-ouest du pays, est accusée des mêmes charges au centre de sécurité de Phnom Trayoung et dans le camp de travail de Spean Sreng.

Ces deux anciens responsables Khmers rouges sont dans le collimateur du tribunal depuis des années. Leurs identités avaient été divulguées à la suite de fuites concernant des investigations menées dans les dossiers n°3 et 4.

In abstentia
Deux dossiers dont le Premier ministre Hun Sen, fermement opposé à toutes nouvelles inculpations, ne veut pas entendre parler, au prétexte que le pays pourrait à nouveau basculer dans la guerre civile. Depuis des années, les co-juges cambodgiens ont donc manœuvré pour entraver les investigations menées par les juges internationaux. Au point que deux d’entre eux ont jeté l’éponge et démissionné.

Les inculpations de Meas Muth et Im Chaem n’émanent d’ailleurs que du seul co-juge international, son homologue cambodgien, le juge You Bunleng, ayant résolu de clore ces deux dossiers.
Elles ont également été prononcées en l’absence des deux accusés. « Il n’a pas été possible d’obtenir un mandat d’arrestation dans un temps raisonnable » a expliqué Lars Olsen, le porte-parole du tribunal.
Ce refus de la police judiciaire de déférer les prévenus devant la cour raisonne comme un signal de mauvais augure pour la suite de ces dossiers.

 

Krystel Maurice