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Arrestations et condamnations en chaine à Phnom Penh

Depuis lundi onze personnes, dont dix femmes membres de différentes communautés expulsées de leurs terres, ainsi qu’un moine ont été arrêtées et condamnées à des peines de prison de un an et à des amendes de 500 dollars.

Le 11 novembre dans l’après-midi, ce sont sept femmes de la communauté de Boeng Kak, parmi lesquelles Tep Vanny, qui ont été condamnées pour avoir, la veille, entravé la circulation lors d’une manifestation. Elles avaient symboliquement trainé un cadre de lit jusque devant la mairie, réclamant aux autorités la mise en place d’un drainage permettant d’évacuer les eaux boueuses qui recouvraient une partie du quartier. Ce secteur est submergé par les inondations depuis le comblement du lac artificiel par la compagnie la compagnie Shukaku Inc.

Alors qu’elles comparaissaient devant un juge moins de vingt-quatre heures après leur arrestation, un petit nombre de manifestantes de différentes communautés se rassemblaient devant le tribunal pour réclamer leur libération. Une manifestation pacifique comme en atteste les vidéos diffusées sur le net. Mais des dizaines de

policiers et de gardes du district ont soudain fait irruption, dispersant violemment le groupe. Trois femmes ont été arrêtées ainsi qu’un moine.

Et en fin d’après-midi aujourd’hui, tous quatre comparaissaient à leur tour au tribunal. Une procédure aussi rapide celle de la veille pour des condamnations identiques. Le moine, lui, avait été préalablement défroqué.

Ce matin encore, ce sont deux autres moines venus soutenir des villageois expulsés de leurs terres dans la province de Preah Vihear qui ont été arrêtés près de la pagode Samakki Raingsey, dans le district de Meanchey à Phnom Penh. Les villageois qui étaient hébergés dans cette pagode s’apprêtaient à aller remettre une pétition au Premier ministre Hun Sen. En fin de journée, on apprenait que ces deux moines avaient également été défroqués.

 

Krystel Maurice