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Temple de Preah Vihear: comment s’y rendre?

La nouvelle rampe d'accès au temple de Preah Vihear. Photo Krystel Maurice

Classé patrimoine mondial de l’Humanité le 7 juillet 2008, le temple de Preah Vihear sera sans doute, à terme, autant visité que les temples d’Angkor. Mais il reste difficile de s’y rendre.

Jusqu’à l’an dernier, il fallait rouler deux jours sur une piste infernale pour rejoindre les lieux et le voyage était impossible en saison de pluie. C’est précisément pour cette raison que les Khmers rouges en avaient fait l’une de leur base arrière. Ils n’ont quitté le secteur qu’en 1998, soit 19 ans après avoir été chassé du pouvoir, truffant de mines toute la région. Dans cette province reculée, les villages sont rares et la population est l’une des plus démunie du pays.

Le désenclavement de la région était donc une priorité pour le gouvernement. L’an dernier, des entreprises chinoises ont entamé des travaux titanesques. Deux routes ont été tracées, l’une d’Ouest en Est depuis Along Veng, l’autre du sud au Nord. A terme, cette deuxième route permettra de relier les temples d’Angkor à celui de Preah Vihear, via le temple de Koh Ker ou depuis la ville de  Kompong Thom.Tous les travaux devraient être achevées en 2011. Nous avions empruntés ces deux routes l’an dernier ( lire ici).

En ce début de l’année 2010, les chantiers ont bien avancé. La poussière est toujours au rendez-vous car la route n’est toujours pas goudronnée mais la plupart des ponts sont achevés et l’amélioration est très sensible. Il reste qu’aucun transport n’est organisé pour les touristes et pour s’y rendre, chacun doit se débrouiller par ses propres moyens, en moto ou en taxi privé loué a Siem Reap ou a Along Veng.

L’accès au temple lui-même a été facilité. De Kor Muy, le village situé au pied du temple, une route conduit désormais au site. Elle a été aménagée l’an dernier suite à un appel à dons diffusée par la chaine de télévision privée Bayon, dirigée par la fille du premier ministre Hun Sen. Sept kilomètres extrêmement pentus qui dissuadent la plupart des marcheurs et empêchent les véhicule privés de l’emprunter. Seuls des moto-taxi ou des pick-up surélevés à roues motrices indépendantes peuvent effectuer le trajet.

En raison des difficultés d’accès côté cambodgien, le site est donc peu fréquenté. L’accès en est gratuit et aucun poste de contrôle n’est installé. On se demande d’ailleurs comment le gouvernement s’y prend pour publier régulièrement des statistiques de fréquentation, puisque aucun visiteur n’est comptabilisé. L’accès coté thaïlandais, beaucoup plus aisé, est aujourd’hui fermé.

L’an dernier, la plateforme d’accès au temple était bordée de petits commerces. Ils ont disparu suite aux accrochages d’avril 2009 et les familles ont été relogées à une quinzaine de kilomètres de là. Dans l’enceinte du temple, l’unique guesthouse est elle aussi partie en fumée.
Le voyageur peut cependant dormir à Kor Muy où il trouvera trois guesthouses sommaires, à 5, 7 et 10 dollars. Les chambres sont  cependant équipées de moustiquaires. Elles sont cependant, elles aussi, appelées à disparaitre.

Le site du temple a été déminée il y a peu. Mais ici comme le long des routes, il est très vivement recommandé de pas s’éloigner pas des chemins. Le déminage de la province est loin d’être achevé. S’il l’est un jour.

Krystel Maurice