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Drame lors de l’effondrement d’un barrage hydroélectique en construction dans la province de Pursat

Quatre ouvriers cambodgiens sont portés disparus lors de l’effondrement, samedi, d’une partie d’un barrage en construction dans le district de Veal Veng situé dans la province de Pursat, à l’ouest du Cambodge, a annoncé le chef de la police du district.
Sept autres personnes ont été également blessées, dont quatre souffrent de graves blessures.

Ce barrage est situé sur la rivière Atai, au cœur de la forêt Centrale des Cardamomes. D’une puissance de 120 mégawat, cet ouvrage doit permettre d’approvisionner en électricité une partie des deux provinces de Battambang et de Phnom Penh.

Le gouvernement cambodgien en a confié la réalisation et l’exploitation à une société chinoise, China Datang Corporation, sous contrôle de l’état chinois. D’un coût de 255 millions de dollars, les travaux  qui devaient s’achever l’an prochain, sont financés grâce à un prêt concédé par la Chine. Une fois la construction terminée, la compagnie qui bénéficie d’une concession d’exploitation pour une durée de 34 ans, revendra l’électricité fourni au distributeur cambodgien, Electricité du Cambodge.

Que s’est-il exactement passé samedi ? Selon les déclarations du chef de la police du district à l’AFP, il semblerait que des fuites se soient produites sous la pression d’une retenue d’eau trop importante. Une partie du barrage aurait fini par céder, engloutissant les ouvriers qui y travaillaient.

Le barrage de Stung Atai est l’un des six projets de barrages approuvés par le gouvernement cambodgien en faveur de compagnies chinoises.

Sécurité au rabais

« Une enquête complète doit être menée pour connaitre les raisons de cet effondrement et pour savoir si les conditions de sécurité étaient ou non suffisantes », réclame Ame Trandem en charge des programmes Asie du Sud-Est  pour  l’ONG américaine International Rivers. Cette responsable pointe du doigt « les nombreux accidents » et la mort d’ouvriers cambodgiens survenus ces deux dernières années lors de la construction des barrages de Kamchay et de de Lower Russei (province de Koh Kong).  Le Cambodge  a de plus en plus la réputation d’un pays dans lequel la sécurité n’est pas assurée, ajoute t- elle en substance.

Dans une déclaration au quotidien Cambodia Daily, Son Chhay, un député d’opposition, appelle lui aussi le gouvernement à diligenter une enquête indépendante sur cet accident et à renforcer son contrôle sur les compagnies chinoises construisant des barrages au Cambodge.  «  Le système dans ce pays est si corrompu que les crimes des compagnies peuvent être facilement dissimulées. Dans n’importe quel autre pays, la compagnie en cause ne pourrait plus opérer après un tel accident » affirme-t-il. Le prix demandé par les sociétés chinoises est très élevé et en rognant sur les dépenses de sécurité, l’argent entrent ainsi dans d’autres poches, laisse t-il ainsi entendre.
A titre d’exemple, le député du Parti de Sam Rainsy évoque les constructions récentes du pont de Prek Kdam (province de Kandal) et de la National 5, entre Phnom Penh et la province de Banteay Meanchey, deux projets réalisés par des sociétés chinoises.  A peine achevés, ces ouvrages sont déjà en train de se détériorer.

 

Krystel Maurice