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L’air de Phnom Penh plus pollué qu’à Bangkok, selon une étude

L’air de Phnom Penh serait plus pollué que celui de Bangkok, selon une étude réalisée par des chercheurs japonais de l’Université de Kanazawa. Les mesures avaient été réalisées en 2006 à l’intersection du boulevard Monivong et du boulevard de la Confédération de la Russie, non loin de la gare.

Dans leurs conclusions, les chercheurs soulignent que la concentration d’Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) est six fois supérieure à celle de la capitale thaïlandaise. A Phnom Penh, la concentration de HAP atteint 240 microgrammes par m3 contre 144 à Bangkok (mesures effectuées en 2008).
Les HPA se retrouvent dans les poussières et certains d’entre eux sont très toxiques, notamment ceux provenant de la combustion des carburants automobiles et de la combustion domestique (charbon, bois…), à l’origine de cancers.
Autrefois célèbre pour son brouillard de pollution, l’air de Bangkok était irrespirable. Une seule journée dans la ville suffisait à se retrouver avec de lancinants maux de gorges. Le port d’un masque était incontournable et l’état de celui-ci, après quelques heures dans la circulation, aurait pu laisser penser qu’on l’avait immergé dans une solution goudronneuse.

Des études publiées au milieu des années 90 par la Commission économique et sociale de l’ONU en charge de l’Asie et du Pacifique avaient révélées que près d’un million d’habitants étaient confrontés à des problèmes de santé directement liés à la qualité de l’air.
L’administration avait donc pris un train de mesures pour inverser la tendance: contrôles des véhicules automobiles à travers toute la ville, interdiction de circulation dans certaines rues tandis que d’autres n’étaient pas accessibles aux véhicules transportant une seule personne, multiplication des transports en commun (notamment la création du métro) et plantations d’espaces verts…

Les résultats ne se sont pas faits attendre. La concentration de particules toxique dans l’air a diminué de 47% entre 1997 et 2007, selon les autorités municipales chargé du contrôle de la pollution. Outre ces mesures, la diminution du nombre de tuk-tuk liée à l’amélioration du niveau de vie -leur moteur deux temps sont bruyant et très polluants-ainsi que la spectaculaire amélioration des infrastructures routières ne sont sans doute pas non plus étrangères à ce phénomène.
Reste que cette étude est surprenante, le nombre de véhicules automobile à Phnom Pehn étant très largement inférieur à celui de Bangkok. Les motos seraient-elles donc à elles seules responsables des piètres résultats de la capitale cambodgienne?

 

Krystel Maurice