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Cinq corps découverts dans la voiture de Laurent Vallier disparu depuis septembre avec ses quatre enfants

La police cambodgienne s’efforçait, dimanche 15 janvier, de déterminer de quelle façon cinq corps, qui pourraient  être ceux d’un Français et de ses quatre enfants portés disparus depuis septembre, ont fini à l’intérieur d’une voiture retrouvée dans un étang derrière la résidence de cette famille française.

Laurent Vallier, 42 ans, et ses enfants, âgés de deux à neuf ans, qui habitaient près de Kompong Speu, à une quarantaine de kilomètres de Phnom Penh, ont disparu en septembre et l’ambassade de France a alerté les autorités cambodgiennes en novembre 2011.

Début novembre, sa famille, originaire de Luz -Saint- Sauveur dans les Hautes-Pyrénées,  ainsi qu’une de ses amies, inquiètes de voir qu’il ne répondait ni au téléphone ni à ses courriels, avaient également contacté Cambodge Post dans l’espoir d’obtenir quelques nouvelles.
Le 3 janvier, la police cambodgienne s’était rendue à leur domicile mais n’avait trouvé aucun élément permettant d’expliquer leur disparition.

Le 4×4 blanc de Laurent Vallier a été retrouvé samedi  matin immergé dans un étang d’une profondeur de 9 mètres situé sur sa propriété. Un voisin qui posait des pièges pour attraper des oiseaux non loin delà a entrevu une partie du véhicule qui affleurait à la surface de l’eau. Il a alors alerté la police.
« Après avoir retiré la voiture de l’étang, nous avons trouvé les restes de cinq personnes. Nous concluons que ce sont ceux de la famille française disparue», a déclaré dimanche Chhay Sinarith, directeur du département de la sécurité intérieure au ministère de l’intérieur

Chhay Sinarith avait indiqué samedi que les ossements de deux des enfants avaient été mis dans une valise. Mais une source policière proche de l’enquête a indiqué dimanche à l’AFP que la valise était cassée et que les restes des corps avaient pu s’y retrouver au fil des semaines passées sous l’eau.

Une source à l’ambassade de France à Phnom Penh a confirmé que les « restes de cinq personnes », dans un état de décomposition avancée, avaient été retrouvés dans la voiture de Vallier, qui devait être sous l’eau depuis des semaines. « A ce stade, compte tenu de l’état des corps, il est impossible de confirmer qu’il s’agit bien de ceux de M. Vallier et de ses enfants », a ajouté l’ambassade dans un communiqué.

La famille de la femme cambodgienne de Laurent Vallier, qui est morte en couches, a organisé dimanche une cérémonie à la mémoire des  disparus.
La police s’est refusée à toute déclaration tant que l’enquête en est encore dans la phase préliminaire. « Nous ignorons s’il s’agit d’une affaire de cambriolage ou d’assassinats. Laissons notre équipe d’experts travailler là-dessus», a déclaré un responsable de la police, Touch Heang.

Pépiniériste de formation, Laurent Vallier avait tenu, durant quelques années, Le bout du monde, un établissement hôtelier situé à  Kep, dans le sud du Cambodge.  Depuis, lui qui aimait tant ce pays,  avait exercé plusieurs métiers dont celui de guide. Ses enfants, qui ont la double nationalité, fréquentaient l’école du village. Même après la mort de sa femme, il n’a jamais envisagé de revenir vivre en France.

En France,  sa famille ne croit pas à un suicide. Depuis la mort de sa femme en 2009, les relations avec sa belle-famille s’étaient tendues. Il s’en était ouvert à plusieurs reprises évoquant des querelles d’argent. «Là-bas, quand un Européen épouse une Cambodgienne, il devient un peu le portefeuille de la famille. Or depuis la mort de sa femme, mon frère avait un peu fermé le robinet», explique son frère. Des titres de propriété au nom de ses enfants lui auraient été volés et la terre revendue à son insu. Son chien avait été également empoisonné peu avant sa disparition.

La belle-famille, elle, a organisé dimanche une cérémonie dans le village en mémoire des disparus. « Mes petits-enfants sont de bons enfants. Ils sont adorables. Ils ressemblent à leur père », expliquait hier leur grand-mère cambodgienne, Sar Savi à un journaliste de l’AFP.
De son côté, Thith Chuon, leur grand père cambodgien, qui vit à Prey Veng, à une centaine de kilomètres au Sud-Est de Phnom Penh,  affirme que la famille a disparu au moins depuis le 8 septembre, date à laquelle il leur avait rendu visite et trouvé porte close. Il dit avoir alors alerté l’ambassade de France et s’y être rendu à six reprises pour tenter d’avoir des nouvelles.
«Après le décès de ma fille, je suis venu vivre avec la famille durant cinq mois. Il m’avait promis de ne pas rentrer en France. Il disait qu’il voulait vendre sa propriété et venir vivre avec moi à Prey Veng jusqu’à la fin de ses jours
», déclarait-il  dimanche au Phnom Penh Post avant d’ajouter:  «Mon gendre n’a pas tué ses enfants et il ne s’est pas suicidé. Quelqu’un les a assassinés».

 

Krystel Maurice