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Thaïlande-Cambodge: guerre de communiqués

Le général Chea Dara, commandant en chef des forces armées royales du Cambodge.

« Les troupes thaïlandaises ne sont pas retirées du temple de Preah Vihear. Elles sont toujours déployées le long de la frontière afin de protéger la souveraineté du territoire », a déclaré jeudi le Colonel Sansern Kaewkamnerd, porte-parole de l’armée thaïlandaise.

La veille, le général Chea Dara, commandant en chef des forces armées royales du Cambodge (FARC) avait  déclaré devant un parterre de près d’un millier d’étudiants et d’enseignants de l’Institut national de l’Éducation « Je suis venu pour vous parler de notre victoire contre l’armée thaïlandaise. Nous avons gagné et remporté la victoire,  tant sur le plan militaire que sur le plan diplomatique sous la conduite d’Hun Sen50% des soldats thaïlandais ont été récemment rappelés  à Bangkok en raison des problèmes internes à leur pays et ils n’oseront plus attaquer les soldats cambodgiens »

Le 24 mars déjà, il avait affirmé que 88 soldats thaïlandais avaient été tués dans les combats  au cours des deux années de conflit à Preah Vihear et non pas 3, comme l’affirmait l’état-major thaïlandais.  « 38 soldats thaïlandais ont été tués en  octobre 2008 and 50 en avril 2009, avait-il précisé. Seulement, deux soldats cambodgiens ont été tués ». Le porte-parole de l’armée thaïlandaise a une nouvelle fois démenti ces propos et affirmé que seuls trois soldats thaï avaient été tués.

Sam Rainsy sous le feu du général

Mais le général cambodgien ne s’est pas contenté de ces déclarations triomphalistes. Il a aussi accusé jeudi le leader de l’opposition cambodgienne Sam Rainsy d’avoir « conspiré et de s’être vendu à la Thaïlande  ce qui a permis à l’armée d’envahir le Cambodge ». Une accusation qu’il n’a pas étayée davantage.

Sam Rainsy a été condamné le 27 janvier à deux de prison ferme pour incitation à la haine raciale et destruction de biens publics et à une amende de 8 millions de riels (2000 USD). Il avait arraché six bornes qui venaient d’être installées le long de la frontière vietnamienne, estimant que ces bornes grignotaient le territoire cambodgien et spoliaient les terres des paysans. Il se trouve actuellement en exil à Paris. Outre cette condamnation, le gouvernement cambodgien a déposé le 26 février, deux nouvelles plaintes contre lui pour diffusion de fausses informations et falsification de documents publics dans cette même affaire. Il encourt une de 18 ans de prison s’il est reconnu coupable de ces chefs d’accusation.

 

Krystel Maurice