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Preah Vihear: l’ASEAN examine la demande de médiation du Cambodge

Le Vietnam, qui exerce la présidence de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, consulte actuellement les dix pays membres au sujet de la dispute frontalière entre le Cambodge et la Thaïlande.

Le Cambodge a en effet officiellement demandé à l’ASEAN de jouer le rôle de médiateur dans ce conflit. « La Thaïlande et le Cambodge sont membres de l’ASEAN, aussi afin d’éviter un carnage ou un conflit armé à grande échelle, nous souhaitons la mise en place d’un mécanisme multilatéral initié par l’ASEAN », avait écrit Hor Namhong, le ministre cambodgien des affaires étrangères dans un courrier adressé le 14 aout à son homologue vietnamienne, Pham Gia Khiem.

La semaine précédente, Hun Sen, le Premier ministre cambodgien avait envoyé une lettre de protestation auprès de l’ONU, considérant que la Thaïlande violait la charte de l’ONU et le jugement de 1962 prononcé par  la Cour internationale de justice.

La Thaïlande refuse toute médiation

La Thaïlande a toujours refusé une médiation internationale et ne semble toujours pas prête à accepter un arbitrage extérieur. Jeudi 19 août, le Premier ministre Abhisit, cité par le Bangkok Post, a une fois de plus répété que les négociations concernant la délimitation de la frontière devaient se dérouler en dehors de toutes interventions, qu’il s’agisse de l’ONU ou des pays de l’Asean. Le Vice-Premier Ministre Suthep Thaugsuban a rappelé, plus clairement encore, que sans l’accord de la Thaïlande, la question de Preah Vihear ne pouvait pas faire l’objet de  négociations multilatérales.

Agenda trop chargé

Mais depuis avril 2009, celles-ci sont au point mort. En butte aux pressions des Chemises jaunes qui lui ont ouvert les portes du pouvoir en décembre 2008, le Premier ministre démocrate Abhisit Vejjajiva ne rate par ailleurs jamais une occasion de reprocher à son prédécesseur, SamakSundaravej, allié de l’ex-premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, son soutien à la candidature cambodgienne pour l’inscription du temple au patrimoine mondial de l’Humanité. Les relations entre les deux pays se sont encore davantage dégradées en novembre 2009, lorsque Hun Sen a nommé Thaksin au poste de conseiller économique du gouvernement cambodgien.

Quoiqu’il en soit, avant de se rasseoir à la table des négociations, la Thaïlande doit, comme l’exige sa constitution, faire approuver par son parlement trois accords conclus lors des précédentes rencontres organisées par le Comité conjoint des frontières.
Mais mercredi 18 août, le gouvernement thaïlandais a fait savoir que le parlement n’était pas en mesure d’inscrire cette question à l’ordre du jour en raison d’un agenda trop chargé.