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Peines de prison pour les deux thaïlandais reconnus coupable d’espionnage

Le tribunal de Phnom Penh a condamné mardi à une peine de huit ans et de six ans de prison pour espionnage deux thaïlandais, membres des Chemises jaunes. Veera Somkwamkid, président du Réseau des patriotes thaïlandais, et sa secrétaire Ratree Taiputana Taiboon ont été reconnus coupable d’espionnage, d’être entrés illégalement sur le territoire cambodgien et d’avoir pénétrés sur une base militaire.Veera Somkwamkid qui devrait faire appel a aussi été condamné à une amende de 1,8 millions de riels (444 dollars).

Depuis le classement du temple cambodgien de Preah  Vihear au patrimoine mondial de l’humanité, en 2008, Veera Somkwamkid, à l’époque l’un des leaders des Chemises jaunes en Thaïlande, reproche au gouvernement d’Abhisit de brader la souveraineté et l’intégrité du territoire thaïlandais. Il y a quelques mois, il a crée le réseau des Patriotes Thaï, une formation nationaliste opposée à toute négociation avec le Cambodge sur la  question frontalière. Soutenu par les Chemises jaunes, il a organisé nombre de manifestation pour protester contre les positions du gouvernement qu’il jugeait trop conciliante.

Il a été arrêté le 29 décembre, en compagnie de six autres thaïlandais dont un député démocrate (la formation du Premier ministre thaïlandais), alors qu’ils se trouvaient dans une zone frontalière disputée, le long de la province thaïlandaise de Sa Kaeo. Cinq d’entre eux ont été relâchés le 31 janvier, après avoir été  condamnés à 9 mois de prison dont huit avec sursis, assortie d’une amende de 1 million de riels (247 dollars). Ils étaient accusés d’être entrés illégalement sur le territoire cambodgien et d’avoir pénétré sur une base militaire mais, à la différence de Veera Somkwamkid et de sa secrétaire Ratree Taiputana, ils n’avaient pas été accusés d’espionnage.

 

Une affaire aux répercussions très thaïlandaises

Depuis leur arrestation, la  pression des Chemises jaunes, sur le gouvernement s’est intensifiée. Certains  de ses membres réclament la démission d’Abhisit et tous l’accusent de laxisme dans le traitement des questions frontalières avec le Cambodge. Ils exigent la révocation des accords passés en 2000 entre les deux pays, refusent toute négociation avec Phnom Penh et réclame le retrait de la Thaïlande de l’Unesco.

Depuis le 24 janvier, les Jaunes ont réinvesti les rues de Bangkok. Un millier d’entre eux campent devant la Maison du gouvernement avec la ferme intention d’intensifier les manifestations.

« Si Veera Somkwamkid  n’est pas relâché avant le 5 février, nous organiserons une énorme manifestation dans la capitale » déclarait ce mercredi matin Chamlong Srimuang, l’un des principal dirigeant des chemises Jaunes.

L’échéance des prochaines élections en Thaïlande n’est sans doute pas étrangère à ce durcissement. Les Jaunes n’ont pas l’intention de laisser le champ libre aux Rouges. Or ceux-ci ont récemment organisé des manifestations d’ampleur et ont promis d’occuper la rue  deux fois par mois jusqu’à ce que leurs leaders soient libérés de prison et que des élections soient organisées.

Sur le terrain, les deux armées ont renforcé leur dispositif le long de la frontière et les armes lourdes ont fait leur réapparition. Mais Bangkok multiplie les déclarations pacifistes, affirmant ne pas vouloir recourir à la force mais poursuivre les négociations.

Les États-Unis appellent également les deux parties  à la retenue. Hier Derek Mitchell, le secrétaire adjoint à la défense, l’a répété à l’issue d’une visite de trois jours à Phnom Penh.