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Cambodge-Thaïlande: l’escalade

Les troupestThaïlandaises et cambodgiennes ont rompu le cessez-le- feu et s’affrontent à nouveau depuis dimanche soir autour du temple de Preah Vihear. Ces combats, les plus violents depuis trois jours, ont fait des blessés dans les deux camps et un pan du temple s’est effondré. ©Krystel Maurice

En dépit d’un accord de cessez- le feu signé la veille, de très violents combats entre l’armée cambodgienne et thaïlandaise ont à nouveau éclaté dimanche soir vers 18h40 (heure locale)  dans un périmètre d’une dizaine de kilomètres le long de la frontière, à proximité du temple de Preah Vihear, ont annoncé les autorités thaïlandaises. Les combats se sont poursuivis  duré trois heures mais ont repris ce lundi matin, peu après 8 heures (heure locale).

Les tirs d’artillerie ont fait plusieurs blessés dans les deux camps, y compris parmi les civils. Pour leur part, les autorités thaïlandaises font  état de plus de dix blessés mais pour l’heure, aucun bilan précis n’est disponible. Les images diffusées par les chaines de télévision thaïlandaise montraient, hier soir,  des camions de l’armée évacuant les populations habitant dans le long de la frontière.
Ce matin, ces mêmes chaines diffusaient des images de tanks arrivant en renfort sur des camions.

Les deux pays, qui s’affrontent depuis vendredi, s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités .

Un pan du temple s’est effondré, affirme le Cambodge
Le Premier ministre  cambodgien Hun Sen  a appelé dimanche  le conseil de sécurité de l’ONU à une réunion urgente «  pour mettre fin à l’agression thaïlandaise ». Dans un communiqué publié dimanche, le gouvernement cambodgien affirme qu’une aile du temple s’est effondrée  sous l’effet des tirs d’artillerie thaïlandais.

Hier le Premier ministre Abhisit avait répété dans la matinée qu’il ne remettrait pas en cause les accords de 2000 signés entre le Cambodge et la Thaïlande et que la Thaïlande ne se retirerait pas de l’Unesco, deux revendications des Chemises jaunes qui manifestent actuellement dans les rues de Bangkok et menacent de renverser le gouvernement s’il ne fait pas preuve de davantage de fermeté envers le Cambodge dans la gestion du dossier frontalier. Mais, dans le même temps,  Abhisit a aussi réaffirmé que les troupes thaïlandaises ne se retireraient pas de ce secteur frontalier et a répété que la Thaïlande continuerait de défendre la souveraineté de son territoire.

Entre apaisement  et fermeté, la marge de manœuvre du  Premier ministre thaïlandais se rétrécit de jour en jour.

 

Krystel Maurice