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Temple de Preah Vihear: les deux armées redéploient leurs troupes

Soldats cambodgiens à Preah Vihear. Photo Krystel Maurice

Ce n’est pas la première fois que le Cambodge et la Thaïlande annonce le prochain retrait de leurs troupes du temple de  Preah Vihear, source de conflit entre les deux pays depuis des années et qui a connu un regain de vigueur depuis le classement du temple au patrimoine de l’Unesco en 2008.

Mais ces annonces n’ont jamais été suivies d’effets. Depuis un an, les deux pays campent sur leurs positions, ignorant, superbement l’ordonnance de la Cour internationale de la Haye.
Le 18 juillet 2011, la Cour internationale de Justice avait ordonné « le retrait immédiat » des troupes cambodgiennes et thaïlandaises du secteur du temple et défini une zone démilitarisée provisoire autour du site dans laquelle toute présence armée était désormais interdite. Des mesures « conservatoires visant à  protéger les biens et les personnes », après les violents combats qui avaient fait 28 morts et des dizaines de blessés en février et avril 2011.

Certes, depuis l’ordonnance de la Cour de Justice, aucun affrontement n’a eu lieu entre les deux armées dans ce secteur de Preah Vihear. Mais ce calme relatif est lié avant tout au changement de gouvernement en Thaïlande. Yingluck Shinawatra, arrivée aux commandes du pays en août dernier, est en effet la sœur de Thaksin Shinawatra, « ami fidèle» de Hun Sen, le Premier ministre cambodgien.

Aucun affrontement donc, mais aucun retrait non plus. D’un coté comme de l’autre, les deux armées continuent de se faire face, même si leur présence s’est faite plus discrète.

Pour la première fois, ce vendredi 13 juillet, les deux Premiers ministres ont annoncé, à l’issue d’une rencontre à Siem Reap, « leur volonté d’apaiser les tensions » et manifesté leur intention d’aller de l’avant.
Ainsi, le 18 juillet, soit un an exactement après l’ordonnance de la Cour Internationale de Justice, les troupes thaïlandaises et cambodgiennes devraient se redéployer hors de la zone démilitarisée décrétée par la Cour. «  Il ne s’agit pas d’un retrait mais d’un redéploiement des troupes qui seront remplacées par des forces de polices »  a précisé vendredi Hun Sen, le Premier ministre cambodgien.
Selon un communiqué du gouvernement cambodgien, 455 soldats cambodgiens qui se trouvent encore sur le site du temple et aux environs seront remplacés par 255 policiers et 100 gardes de sécurité. Un redéploiement également confirmé par le porte-parole du gouvernement thaïlandais mais sur lequel aucun détail n’a encore été fourni.

Ce premier pas vers un retrait des troupes sera t-il  effectif ou s’agit-il, une fois encore, d’un effet d’annonce? Réponse dans deux jours.

 

Krystel Maurice