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Les Montagnards continuent d’affluer au Cambodge

Des Montagnards arrêtés dans le Rattanakiri en février. Photo fournie

Soixante-sept Montagnards ayant fuis le Vietnam sont aujourd’hui bloqués à Phnom Penh dans l’attente d’une réponse à leur demande d’asile dans un pays tiers, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Rien que dans les deux dernières semaines, 22 Jaraï sont arrivés dans la capitale pour échapper aux persécutions politiques et religieuses du régime de Hanoi dont ils se disent victimes. Depuis octobre, seuls 13 d’entre eux ont obtenu à ce jour un certificat provisoire de demandeurs d’asile dans un pays tiers.

Au total, plus d’une centaine d’entre eux ont franchi la frontière du Cambodge. Jusqu’en janvier ils pénétraient dans le pays au travers de la jungle du Rattanakiri, au nord du Cambodge. Des douzaines d’entre eux ont ainsi été arrêtés par la police cambodgienne et renvoyés au Vietnam sans que l’on sache ce qu’ils sont devenus. Depuis, la plupart arrivent à Phnom Penh par d’autres points de passage.

En avril, près d’un millier de policiers et militaires cambodgiens ont été envoyés dans le Rattanakiri pour les traquer. Mais selon certaines informations, plusieurs Montagnards se cacheraient encore actuellement dans cette zone.

De nombreux journalistes locaux se trouvent sur place. Une situation qui dérange visiblement les autorités. Au point que le 26 mai, une trentaine d’entre eux ont été convoqués à Banlung pour entendre les récriminations du gouverneur-adjoint locaux, selon le Cambodia Daily dans son édition d’aujourd’hui. Celui-ci s’est plaint de les voir se retrouver dans les cafés, ce qui donnerait une « mauvaise image » de la ville. «  Ces rassemblements de journalistes à l’affût d’histoires et prenant des photos de certains délits commis les mettent en danger » aurait déclaré Nhem Sam Oeun, le gouverneur- adjoint cité par un reporter.

La région étant un bastion du trafic de bois il y a cependant fort à parier que c’est bien plutôt ce qui dérange le représentant des autorités. Les journalistes, eux, ont juré de continuer à se retrouver dans les cafés de la ville pour échanger des informations.

 

Krystel Maurice