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Forte participation au dernier jour de la manifestation de l’opposition

Les trois jours de manifestations organisés par l’opposition se sont achevés aujourd’hui à Phnom Penh avec, sans conteste, un nombre plus important de manifestants que dans la journée de jeudi.

Comme hier, la foule a envahi les rues de la capitale pour aller remettre des lettres à diverses ambassades, demandant assistance aux pays signataires des accords de paix de Paris de 1991 « en vue de trouver une solution à l’impasse politique actuelle » et pour « assurer la mise en application» de ces accords.

Le cortège de la manifestation, beaucoup plus long que celui d’hier, a conduit quelque 25 000 manifestants aux portes des ambassades d’Australie, de Russie, du Japon, d’Indonésie et de Chine. Dans le même temps, plusieurs milliers de supporters les attendaient au Parc de la Liberté.
Hier les manifestants s’étaient rendus aux ambassades de France, de Grande- Bretagne et des États-Unis.

A l’heure actuelle, seule l’ambassade d’Australie a officiellement réagi à la démarche de l’opposition. Ce matin, quelques instants seulement après avoir rencontré Sam Rainsy et Kem Sokha, un communiqué de l’ambassade précisait que He Alison Burrows, l’ambassadeur d’Australie, « avait  incité les deux parties à poursuivre le dialogue y compris sur une réforme électorale et souligné qu’il était important de laisser la porte ouverte pour que le Parti du Sauvetage national occupent ses sièges à l’assemblée nationale ».

Questions autour d’un consensus

Aujourd’hui, comme les jours précédents, les forces de l’ordre se tenaient à bonne distance et peu de rues étaient barrées. Seule exception toujours notable, la résidence du Premier ministre Hun Sen, barricadée et protégée par un bataillon de policiers.

L’accord intervenu au tout dernier moment entre Sar Keng, le ministre de l’intérieur et les responsables du Parti du sauvetage national du Cambodge aura donc été respecté presque jusqu’au bout, exception faite du nombre de manifestants défilant dans les rues qui devait se limiter à 1000 personnes.  Les manifestants ont respecté les consignes pacifistes qui leur avaient été données et les forces de police ont fait preuve de discrétion et de retenue. Les habitants ont eux aussi apprécié l’allègement du dispositif de barricades qui lors de la dernière grande manifestation les avaient empêchés de circuler.

Reste, parmi la multitude de questions que l’on se pose sur l’issue de cette crise politique, à comprendre la nature de ce consensus inattendu entre les autorités et l’opposition et les stratégies qu’il recouvre de part et d’autre.

 

Krystel Maurice