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En marche vers les ambassades

Sam Rainsy et Kem Sokha devant l’ambassade de France ce matin. Sur son site Facebook, Sam Rainsy revient à nouveau sur la lettre de félicitations de la France au Premier ministre Hun Sen. “Où est-elle cette France des Lumières et des Droits de l’Homme que nous avons toujours aimée?” s’interroge t-il.

La manifestation Parti du sauvetage national du Cambodge s’est poursuivie aujourd’hui à Phnom Penh sans incident. Vers 9 h, Sam Rainsy et Kem Sokha, suivis par plusieurs milliers de supporters ont quitté le parc de la Liberté pour se rendre à l’ambassade de France, de Grande-Bretagne et enfin à l’ambassade des États-Unis, trois des pays signataires des accords de paix de Paris de 1991 sur le Cambodge.

Ces Accords, signés le  23 octobre 1991 à Paris, ont jeté les bases d’un règlement politique du conflit au Cambodge, permis le retour de centaines de milliers de réfugiés cambodgiens des camps de Thaïlande et ouvert la voie aux élections générales de 1993. Ils  ont été signés, coté cambodgien, par tous les représentants des forces en présence, dont Norodom Sihanouk qui en fut l’un des artisans,  Hun Sen, le Premier ministre actuel, mais aussi les dirigeants Khmers rouges.

Parvenus devant ces ambassades, les responsables de l’opposition ont remis une lettre à l’attention des dirigeants de ces états dans laquelle ils  expliquent que les élections du 28 juillet « n’ont pas été tenues conformément aux recommandations du rapporteur  spécial des  Nations Unies pour les droits de l’homme, et de ce fait, ont été marquées par de nombreuses irrégularités ».
En outre, poursuivent-ils, « un Comité d’enquête indépendant  n’a pas pu être mis en place pour faire la lumière sur ces graves irrégularités. Le Parti du peuple cambodgien (PPC) a subséquemment procédé à la formation de l’Assemblée nationale et du Gouvernement Royal actuel, en violation de la Constitution, la loi suprême de la nation,  et en reniant les principes démocratiques du multipartisme, garantis par les accords de paix de Paris du 23 octobre 1991 ».
« Le Cambodge,
concluent-ils, est de fait de nouveau régi par un système de parti unique. Nous sollicitons votre assistance en vue de trouver une solution à l’impasse politique actuelle et pour assurer la mise en application des accords de Paris, seule fondation d’une démocratie multipartite et de développement pour notre Nation ».

Ce courrier daté du 23 octobre,  précise également qu’une pétition de 2 millions de signatures a été remise au bureau du Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU à l’occasion du 22 e anniversaire des accords de Paix de Paris.

Les manifestants ont ensuite regagné le parc de la Liberté pour un après-midi plus tranquille, écoutant musique et discours. Retour de la ferveur  au moment où Sam Rainsy et Kem Sokha est remonté sur scène. « Voulez vous continuer les manifestations lance-il aux quelque 10 000 personnes rassemblées ? Oui? ». La foule s’enthousiasme. « Alors on continue ». Et elle acclame les deux dirigeants lorsque ceux disent qu’ils ont l’intention de rester au parc ce soir pour « partager le riz » avec les manifestants venus de provinces.

Demain, pour le dernier jour de manifestation,  des courriers identiques à ceux d’aujourd’hui seront remis aux ambassades d’Australie, de Russie, du Japon, d’Indonésie et de Chine.

 

Krystel Maurice