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Crise politique au Cambodge: l’opposition manifestera du 23 au 25 octobre

Nous venons d’apprendre que les autorités ont interdit aux manifestants de l’opposition de quitter le parc de la Liberté lors de ces trois jours de manifestation à Phnom  Penh. Ils ne sont donc pas autorisés à se rendre au bureau de l’ONU ni aux ambassades pour y remettre leur pétition. En outre, les autorités ont précisé que la manifestation devra être limitée à 10 000 manifestants. L’opposition avait prévenu qu’elle escomptait entre 20 000 et 50 000 participants.  Reste à savoir si les dirigeants du Parti du Sauvetage national appliqueront ces consignes.    

Finalement l’opposition a décidé de manifester durant trois jours du 23 au 25 octobre, et non plus durant la seule journée du 23 octobre comme annoncé initialement. Cette manifestation qui coïncide avec l’anniversaire des accords de paix signés à Paris en 1991 se tiendra au parc de la liberté à Phnom Penh. Des défilés dans les rues sont également prévus pour se rendre devant des ambassades des 18 pays signataires des accords.

Dans une lettre aux autorités datée de mercredi, le Parti du Sauvetage national du Cambodge répète que ces trois journées de manifestations non violentes visent à réclamer à nouveau une enquête indépendante sur les irrégularités du scrutin des législatives du 28 juillet « pour trouver la vérité et rendre justice au peuple » et à « demander au gouvernement de respecter les accords de Paris du 23 octobre 1991 ».

Ce courrier mentionne au programme « des prises de paroles de manifestants, des représentations artistiques, des chants, des projections de documentaires, des sittings et des marches pour aller remettre une pétition à l’ONU via le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme et aux ambassades présentes au Cambodge, notamment l’ambassade de France, du Japon, des Etats-Unis, de la Chine, de l’Indonésie, de la Grande-Bretagne et de l’Australie ».

Le porte-parole du parti a précisé hier que la pétition serait remise le 23 octobre à l’ONU et que les deux jours suivants les manifestants se rendront devant les ambassades pour y déposer une lettre leur notifiant cette pétition.

L’opposition avait lancé cette collecte de signatures avec l’objectif d’obtenir 3 millions de signatures. Mais les autorités y ont fait obstacle, ordonnant le 10 octobre d’empêcher tout rassemblement public lié à cette opération. Au total, la pétition représente un million de signatures, selon le Parti du Sauvetage national.

Durant ce temps Sam Rainsy a effectué une tournée de dix jours à l’étranger pour  tenter de rallier à sa cause les pays occidentaux. Il s’est notamment rendu à Londres, à Paris, au parlement de Strasbourg et au siège de l’Union européenne à Bruxelles. A Washington, il s’est entretenu mercredi avec le secrétaire d’état adjoint William Burns et des membres du Congrès.

A l’issue de cet entretien, la porte-parole du département d’État Jennifer Psaki a déclaré:«Des observateurs indépendants ont relevé de graves irrégularités électorales. Nous continuons de penser qu’un réexamen crédible et transparent du scrutin permettrait d’aller de l’avant» . Ce rendez-vous «ne vaut pas approbation», a-t-elle précisé.«Nous appuyons un processus ouvert et démocratique, mais pas un parti politique ou un candidat par rapport à un autre».

Krystel Maurice