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Hommage à Norodom Sihanouk: le gouvernement et rien que le gouvernement

Ils priaient face au Palais royal illuminé, têtes rasées en signe de deuil, larmes sur les visages,  recueillement. Des dizaines de milliers de Cambodgiens étaient venus rendre hommage au roi Norodom Sihanouk décédé quelques jours plus tôt, le 15 octobre 2012 à Pékin. Trois mois plus tard, des millions d’entre eux avaient tenu à assister à la cérémonie de crémation. C’était il y a un an.

En ce 15 octobre 2013, journée désormais fériée en hommage au roi Père, les écoles et les administrations sont fermées. Mais les routes d’accès au Palais Royal sont bloquées par des barrières infranchissables, le Palais est isolé du monde. Seuls les membres du gouvernement assistent à la cérémonie. Les Cambodgiens sont absents et les députés de l’opposition n’ont pas été invités.

Vendredi une statue du roi Père, un bronze de 1,2 million de dollars, a été inaugurée en présence du roi Sihamoni, de la reine-mère et du Premier ministre Hun Sen. Lui seul a prononcé un discours. Les Cambodgiens n’étaient pas invités, priés de se tenir à l’écart. Les députés de l’opposition disent n’avoir pu se rendre à la cérémonie en raison d’une invitation  notifiée à la dernière minute précisant qu’ils devaient se présenter en tenue officielle, ce qu’ils ne pouvaient faire puisqu’ils n’ont toujours pas prêté serment.

Hier encore, la statue était cernée par les  barrières. Interdiction à quiconque de s’en approcher. « Pourquoi, tous ces policiers s’interrogeaient les Cambodgiens ? Nous avons le droit, nous aussi, de rendre hommage au Roi-Père. Il était notre Roi à tous ».

Krystel Maurice