En continu

L’assemblée nationale est légale, affirme Hun Sen

Le Premier ministre Hun Sen est retourné à l’assemblée nationale mardi pour former son gouvernement et procéder aux nominations des postes clefs de cette assemblée. Et comme hier, les bancs des députés de l’opposition sont restés vides, le Parti du sauvetage national du Cambodge poursuivant son boycott. Lundi, Sam Rainsy, le leader de l’opposition avait estimé que la séance inaugurale de l’assemblée nationale constituait une violation de la constitution, dans la mesure où celle-ci requiert la présence de 120 députés. Dans un discours prononcé à la pagode Monisovann de Siem  Reap,  il avait dénoncé un régime revenu à « l’ère communiste », avec un « système de parti unique » en « violation des accord de paix de Paris et de la constitution du Royaume du Cambodge ».

La fin du boycott d’abord, les négociations ensuite

 

Hier, face aux députés de son parti,  Hun Sen a rejeté ces accusations. «  Ils disent que la séance de l’assemblée est illégale car il n’y a qu’un parti. Mais ni hier, ni aujourd’hui, la porte n’a été fermée pour empêcher les autres parties de s’y joindre ». Il a également ajouté : « Nous ne pouvons devenir l’otage de qui que ce soit. Nous appliquons simplement les principes de la constitution du royaume du Cambodge ».

Au cours de cette session de 40 minutes, les nominations aux plus hauts postes de l’assemblée ont été officiellement annoncées. Toutes les présidences et vice-présidences des commissions parlementaires ont été attribuées aux membres du Parti du peuple cambodgien. Heng Samrin a été  réélu au poste de président de l’assemblée nationale, Nguon Nhel a été réélu Premier vice-président et Khuon Sudary a été réélue deuxième vice-présidente. La liste complète est disponible ici, sur le site de AKP, l’agence de presse gouvernementale. La composition du gouvernement y est également consultable ici.

A l’issue de la séance, devant les journalistes, Hun Sen a déclaré : « Le Parti du peuple cambodgien laisse toujours la porte ouverte pour renégocier mais ils doivent d’abord aller prêter serment au Palais royal. » Il s’est dit prêt à offrir à l’opposition plusieurs postes importants, dont la vice-présidence de l’assemblée et la présidence de quatre commissions. Il a également expliqué en substance que lors des rencontres entre les deux partis la semaine dernière, l’opposition avait, selon son habitude, davantage bataillé pour satisfaire son goût du pouvoir, que pour défendre ce qu’elle revendique publiquement à savoir une enquête sur les fraudes.

Il a ajouté qu’il avait rejeté les demandes de l’opposition qui revendiquait la présidence de l’assemblée nationale ainsi que les présidences de six des douze commissions. « Avez-vous jamais vu, quelque part dans le monde, un parti minoritaire détenir la présidence de l’assemblée ? ». « Ils ont accepté le résultat des élections, 68 députés contre 55 et accepté Samdech Hun Sen comme Premier ministre, a t-il poursuivi. Si, à ce moment-là, nous avions accepté qu’il [ Sam Rainsy] prenne la présidence de l’assemblée, il est certain qu’ils auraient assisté à la séance inaugurale. ».

Le Parti du sauvetage national du Cambodge commentera sans doute ces déclarations lors de la conférence de presse qu’il doit tenir aujourd’hui pour le « dénoncer le coup d’état constitutionnel du PPC. »

Krystel Maurice