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Bâtons, frondes et tasers contre des manifestants et des journalistes de la presse étrangère: 18 blessés

Dimanche soir,  les  forces de police et des douzaines d’hommes en civil ont  dispersé très violemment une vingtaine de femmes expulsées de leurs logements à Boeng Kak qui manifestaient pacifiquement à Wat Phnom, mais aussi des journalistes de la presse étrangère et des employés d’organismes de défense des droits de l’homme qui se trouvaient sur place.
Équipés de tasers, de frondes et de bâtons, le visage dissimulé sous des masques chirurgicaux, ces civils ont pourchassé les journalistes et blessé les femmes qui s’apprêtaient à quitter le parc à l’issue d’une manifestation pacifique. On ignore qui ils sont mais ils semblaient bénéficier de la protection des militaires.
Onze femmes ont été blessées dont cinq ont dû être hospitalisées. Sept journalistes ont aussi été légèrement blessés par des décharges électriques. La caméra d’un journaliste cambodgien du Phnom Penh Post a été brisée.

Condamnation de la presse étrangère

Dans un communiqué publié aujourd’hui, le Club de la presse étrangère au Cambodge condamne les violences « inacceptables » de ces individus en civil et l’inaction des policiers qui ne sont pas intervenus pour y mettre fin.Il rappelle que ces attaques ont été commises en violation de la loi de 1995, garantissant la liberté  de la presse et de l’article 31 de 41 de la constitution.

Nouvelles tensions ce matin vers 11h, lorsque les femmes violemment délogées du parc hier, sont revenues crier leur colère. Elles ont pourchassé un homme qui prétendait être un journaliste de VOA (Voice of America)  et qu’elles accusaient d’être un «espion» du gouvernement. Il est parvenu à leur échapper un instant mais il a vite été rattrapé et a fini par reconnaitre qu’il travaillait pour la police. « J’ai travaillé pendant 4 ans au Comité anti-terroriste de la police nationale. Je prenais seulement des photos pour faire un rapport à mon patron ». Dans la foule, le ton est alors monté. Retenu durant près d’une demi-heure, il a finalement été extirpé du parc par les représentants du bureau des droits de l’homme de l’Onu arrivés sur place.
Dans l’après-midi, un groupe d’une cinquantaine de bonzes a manifesté autour du palais royal, toujours cerné de barricades, pour dénoncer la violence.
Krystel Maurice