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Élections législatives: l’opposition cambodgienne se prépare à boycotter la rentrée parlementaire

L’opposition a annoncé ce matin qu’elle boycotterait la rentrée parlementaire lundi, à moins d’un accord de toute dernière minute avec le Parti du peuple cambodgien permettant de sortir de la crise.

Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce matin au siège du Parti du sauvetage national du Cambodge, Sam Rainsy a expliqué une fois encore que la pierre d’achoppement entre les deux partis résidait dans la mise en place d’une commission chargée d’enquêter sur les irrégularités lors du scrutin du 28 juillet.

Selon les résultats officiels, le Parti du peuple cambodgien a remporté la victoire avec 68 sièges contre 55 sièges pour le Parti national pour la sauvegarde du Cambodge, l’écart entre les deux partis n’étant que de 290 000 voix.

« La constitution établit que le roi est le symbole de l’unité nationale » a rappelé ce matin Sam Rainsy. «Où est l’unité nationale maintenant ? »

Hier, l’opposition a fait parvenir une lettre au roi Norodom Sihamoni dans laquelle elle notifiait officiellement son intention de boycotter lundi la séance inaugurale de l’assemblée.

Le contenu exact de cette lettre n’a cependant pas été divulgué.

La veille le roi avait fait parvenir un courrier aux députés de l’opposition leur demandant d’assister à cette séance au nom de « l’unité» du pays.

Au pouvoir depuis 28 ans, le Premier ministre Hun Sen, lui, menace, de récupérer tous ses sièges de l’opposition pour les redistribuer au Parti du peuple cambodgien, si celle-ci boycotte l’assemblée.

Le prince Thomico Sisowath en grève de la faim

 

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Vers 12h aujourd’hui, le prince Thomico Sisowath, qui a rejoint les rangs de l’opposition en avril, a entamé une grève de la faim de trois jours sur la colline de Wat Phnom «pour rendre justice au peuple cambodgien ».
Cousin du roi, Thomico Sisowath a longtemps été le secrétaire particulier de Norodom Sihanouk, décédé en octobre dernier, dont il était le neveu.

Hier, une centaine de moines ont tenté vainement de remettre une lettre au roi lui demandant de différer la séance inaugurale de l’assemblée nationale dans l’attente d’un accord entre les deux partis. Les forces de police les en ont empêchés, érigeant des barrières sur près d’un kilomètre le long des quais.

Les moines se sont alors assis sur la chaussée durant près d’une demi-heure pour une médiation silencieuse sous l’œil d’un cordon de policiers vigilants. « Nous méditons pour la paix et sans violence. Nous voulons faire part au roi de la souffrance et des inquiétudes de la population car la souffrance de la population est la souffrance du roi », a expliqué le vénérable Khem Sophea.

Plus loin, des manifestants provenant du quartier de Boeng Kak et de Borei Keila tentaient eux aussi de s’approcher du palais. Expulsés de leurs maisons par des compagnies immobilières il y a plusieurs années, ils n’ont toujours pas été relogés.
Régulièrement dans la rue pour tenter de se faire entendre, ils étaient venus  pour crier leur colère suite à la manifestation de dimanche qui a fait un mort et plusieurs blessés par balles. «  On les a abattus comme des animaux », lançait une représentante de Borei Keila.Tout comme les moines, ils ont eux aussi été contenus sans incident derrière des barrières par les policiers.
La place du palais royal était étrangement vide, à l’exception d’une nuée de pigeons.

 

Krystel  Maurice