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A Phnom Penh, un mort et plusieurs blessés en marge de la manifestation de l’opposition

De violents heurts entre policiers et un groupe de manifestants qui regagnait leurs domiciles ont éclaté dans la soirée sur le pont Monivong.

Les policiers ont tiré en l’air alors que les manifestants tentaient de briser une barricade en travers de la route. Peu après, un manifestant, Mao Chan, âgé de 29 ans, père de quatre enfants, a été tué dans des circonstances qui restent à établir.

« Je l’ai vu mort de mes propres yeux », a déclaré Ou Virak, président du Centre cambodgien pour les droits de l’Homme, une Ong cambodgienne. Plusieurs journalistes ont également aperçu le corps, dont une photographie circulait dimanche soir sur Twitter.Le président du Cambodian Center for Human Rights a assuré que le manifestant avait « reçu une balle dans la tête ».

Lundi matin, Ou Virak précisait: «La police militaire tirait à balles réelles lorsque le procureur, les représentants de la police chargés de l’autopsie, la famille de la victime, le représentant de l’ONU pour les droits de l’homme et moi- même, tentions, avec 50 manifestants, de récupérer le corps pour qu’il soit autopsié. J’étais dans un cauchemar».

Une dizaine de personnes ont été blessées dont au moins quatre gravement, atteintes par des balles dans les yeux, aux jambes et au cou, selon Chan Soveth, responsable des enquêtes pour la Licadho, une ONG cambodgienne de défense des droits de l’homme. Une dizaine de personnes ont été arrêtées.

La violence de l’intervention policière est aujourd’hui mise en cause. La police déchargeait ses tasers et donnait des coups de pied dans la tête des individus qu’elle avait pourtant déjà maitrisés. Ceux qui se trouvaient à terre étaient battus à coups de bâton dans l’estomac.

«C’est la faute des autorités, ces violences sont survenues parce que la police a barré toutes les routes. Les gens ne pouvaient plus rentrer chez eux», explique Kuy Bunroeun, l’un des organisateurs de la manifestation.

Voir ici les photos de Thomas Cristofoletti, un des reporters qui se trouvaient sur place.

En milieu de journée lundi, le roi a, dans un communiqué,  lancé un appel au calme et demandé aux deux camps de réfréner la violence.

Démenti de la police militaire

 

Kheng Tito, porte-parole de la police militaire, a refusé hier de confirmer le décès et a fermement démenti tout usage de balles réelles du côté des forces de l’ordre. « La police militaire n’a utilisé que des bâtons et des boucliers et la police que du gaz lacrymogène », a-t-il ajouté.
Il a néanmoins admis que les autorités avaient mis fin par la force à une « manifestation illégale » en fin de journée, alors que tout rassemblement était prohibé après la tombée de la nuit.

Premiers affrontements en fin d’après-midi

 

La ville était sous haute tension depuis le début de la matinée. Des milliers de policiers et de militaires étaient déployés le long des boulevards. De très nombreuses rues étaient entravées par des barricades et des barbelés bloquant l’accès au parc de la Liberté où se déroulait la première journée de manifestation de l’opposition.

Dans plusieurs secteurs, des incidents sans gravité ont éclaté à proximité des barricades.
Cependant vers 17h, des heurts se sont produits le long des quais et près de Wat Ounalom. Les forces de police ont fait usage de canons à eau et de grenades lacrymogènes. Un manifestant a du être hospitalisé et un policier a été blessé à la tête.

 

Krystel Maurice