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Crise politique au Cambodge: les forces armées déployées dans Phnom Penh tandis que les opposants manifestent

©Cambodian Human Rights Action Committee

Il est 11h du matin à Phnom Penh et c’est une atmosphère de kermesse qui règne dans le parc de Liberté où des milliers de supporters de l’opposition ont commencé de se rassembler pour un sit-in de trois jours. Ils continuent de réclamer la mise en place d’une commission d’enquête indépendante sur les fraudes. Une foule joyeuse danse et chante aux rythmes des musiciens sur scène. Sam Rainsy vient d’annoncer à la tribune que 300 camions transportant des employés du textile allaient rejoindre la manifestation.
Dans les rues adjacentes, des supporters scandent les noms des dirigeants de la Commission électorale.

©Cambodian Human Rights Action Committee

©Cambodian Human Rights Action Committee

Mais l’ambiance est radicalement différente dans le reste de la capitale qui, ici et là,  a des allures d’état de siège. Les rues sont vides, les forces de sécurité omni présentes. Des barricades et des barbelés ont été installés dans plusieurs secteurs de la ville, près du parc de la Liberté mais aussi bien plus loin.

C’est ainsi que des centaines de policiers munis de boucliers anti-émeute bloquent l’intersection du boulevard Norodom et de Mao Tse Toung. Une barricade y a été érigée dès hier soir. Barricades et cordons de policiers également tout autour du Palais royal, rue 19, 178, 172 et 184.

Plusieurs camions transportant des manifestants sont actuellement empêchés par les policiers d’accéder au site de la manifestation. Près d’un millier de supporters marchent le long des quais pour tenter de rejoindre à leur tour le parc de la Liberté tandis qu’un hélicoptère survole le secteur et que des camions incendie stationnent à proximité.

Les autorités n’ont autorisé cette manifestation que pour la seule journée d’aujourd’hui et jusqu’à 18h. Pourra-t-elle se prolonger au-delà, comme l’ont prévu les leaders du Parti national pour la sauvegarde du Cambodge ? Pas si sûr.

Rendez-vous dans quelques heures.

 

Krystel Maurice