En continu

Législatives: rencontre entre les deux partis lundi

L’entretien qui a eu lieu ce matin au Palais royal entre le Premier ministre Hun Sen et le leader de l’opposition Sam Rainsy n’aura duré que 20 minutes et n’a débouché sur aucun accord.

Vendredi, le roi Norodom Sihamoni avait convoqué en audience le Premier ministre Hun Sen et Sam Rainsy, président du Parti du Sauvetage national du Cambodge afin de trouver une solution pour sortir de l’impasse politique à laquelle le Cambodge est confronté depuis le scrutin des législatives du 28 juillet .

Aux journalistes qui lui demandait ce que la rencontre avait apporté Sam Rainsy a simplement déclaré « Non, non cela n’a rien donné ». Le Premier ministre Hun Sen lui n’a fait aucun commentaire.

“Premier pas”

 

Mais, plus tard dans la journée, il a été précisé que le roi, qui a remis aux deux leaders les invitations pour la séance d’ouverture de l’assemblée prévue le  23 septembre, avait demandé aux  deux partis de se rencontrer avant la rentrée parlementaire, ce que les leaders ont convenus de faire lundi.

Lors d’une conférence de presse de l’opposition qui s’est tenue après l’audience royale, Kem Sokha a estimé qu’il s’agissait là d’un «premier pas pour ouvrir les négociations ».

«Nous remercions le roi mais maintenons notre position car nous réclamons justice pour les électeurs», a déclaré Yim Sovann, le porte-parole du Parti du Sauvetage national du Cambodge. Il a ajouté que le parti entendait toujours boycotter la rentrée parlementaire. «Nous devons d’abord résoudre ce problème avant de siéger à l’assemblée».

Trois jours de protestation

Le sit-in de trois jours qui débutera demain au parc de la Liberté est donc maintenu.
Un rassemblement dans un contexte de plus en plus tendu, après la découverte hier de deux engins explosifs à Phnom Penh- dont l’un à proximité de l’endroit où doit de tenir la manifestation- et d’une grenade, le jour précédent à Siem Reap, dans une pagode où Sam Rainsy tenait un meeting .

D’autant que la manifestation n’a été autorisée que pour la seule journée de dimanche, entre 6 heures et 18 heures.

L’opposition dénonce les pressions exercée contre elle, continue de réclamer une enquête indépendante sur les allégations de fraudes lors du scrutin du 28 juillet et menace de boycotter la rentrée parlementaire le 23 septembre.

Mercredi, elle a déposé plainte contre les trois  plus haut responsables de la Commission électorale (NEC en anglais), Im Suosdey, son président,Tep Nytha le secrétaire général et Heu Rong, le directeur des opérations. Elle l’accuse d’avoir truqué les résultats des élections en faveur du Parti du peuple cambodgien (PPC) au pouvoir  en falsifiant les noms des électeurs.

Quelques heures plus tard, le Conseil constitutionnel lançait une mise en garde des plus fermes: tout individu qui ne respecterait pas ses décisions encourt une peine d’un an de prison (article 36 de son règlement).

Le rapport de forces entre les deux camps prendra-t-il un tour plus violent dans les jours à venir ? L’inquiétude est grande.

 

 

Krystel Maurice