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Législatives 2013: l’opposition réclame une enquête indépendante avant le 8 septembre

Le ministère de l’Intérieur avait ordonné à l’opposition de limiter à 6000 le nombre de manifestants rassemblés lundi à Phnom Penh. « Nous n’avons pas envoyé de cartons d’invitation, ce n’est pas un mariage » à plaisanté Kem Sokha,  l’un des leaders du CNRP, à son arrivée au Parc de la liberté.

En réalité, 10000 à 15 000 personnes auront répondu à l’appel du CNRP pour  réclamer la création d’une commission  indépendante chargée d’enquêter sur « les fraudes massives » qui auraient entaché les élections législatives du 28 juillet.
Les manifestants envahissaient les rues adjacentes mais aucun dérapage n’a été signalé. Les forces de polices et les militaires se sont tenus à distance et ne sont pas intervenus, tandis que le service d’ordre du CNRP surveillait attentivement les environs à l’aide de jumelles.

Selon les résultats provisoires, le parti au pouvoir du Premier ministre Hun sen (CPP) a remporté 68 sièges sur 123 contre 55 pour le  Parti du sauvetage national du Cambodge. Le résultat définitif devrait être annoncé avant le 8 septembre.

L’opposition qui, durant les trois jours précédents, avait tenu une série de rencontres en province avec ses supporters, continue donc de mobiliser ses troupes avant la date fatidique du 8 septembre.
Hier, elle a une fois de plus brandi la menace de manifestations massives, dans la capitale pour commencer, puis dans tout le pays,  si une commission d’enquête «  incluant les ONG locales et internationales et des observateurs de l’ONU » n’était pas instaurée d’ici là. Dans ce cas, « nous organiserons ces manifestations avant la publication des résultats officiels », a lancé Sam Rainsy à la tribune.

 

“Conspiration”

Le 17 août, la Commission électorale (National Election Comitee) a rejeté toute les plaintes déposées par l’opposition. Depuis le Conseil constitutionnel, la plus haute instance d’arbitrage, examine ces plaintes. Pour la première fois, dimanche, il a ordonné à la NEC de procéder à l’ouverture des  sacs scellés (baptisés coffre de sûreté A), contenant les documents originaux de 13 bureaux de vote de Svay Chrah, une commune située dans la province de Kratié. Au lieu d’être scellés comme ils auraient dû l’être, plusieurs de ces sacs étaient ouverts tandis que d’autres n’étaient fermés que par une simple ficelle, ont dénoncé le CNRP ainsi que le Centre cambodgien des droits de l’homme qui étaient présents.

Hier, le Conseil constitutionnel a également demandé à la NEC de procéder  à l’ouverture, mercredi 28 août,  des sacs scellés de huit bureaux de votes situés dans la province de Battambang.

Lors d’une conférence de presse tenue hier, Sam Rainsy a de nouveau fait part de son scepticisme à l’égard de ces investigations. Ce qui s’est passé dans la province de Kratie « n’est que le sommet de l’iceberg », a t-il déclaré en invoquant un système de truquage des votes à grande échelle. Il a une fois encore accusé le parti de Hun Sen, la Commission électorale et le Conseil constitutionnel « d’avoir conspiré ensemble pour voler les votes ».

Les provinces de Battambang- où l’opposition talonne de 200 voix le PCC- mais aussi de Siem Reap, Phnom Penh et Kandal sont celles dans lesquelles l’opposition est susceptible de gagner des sièges.

 

Krystel Maurice